EXERCICES
Lecture visuelle
Elle est une lecture purement visuelle. Cela implique que nous ne devons plus prononcer (même intérieurement) les mots, ni les "écouter" pour les comprendre.
1. Lisez de plus en plus vite en tenant la main sur votre gorge afin de surveiller ses mouvements. Si celle-ci "remue" lorsque vous lisez ou si vos lèvres "bougent", votre lecture est de mauvaise qualité. Entraînez-vous jusqu’à ce que vous ne perceviez plus la moindre vibration. Le trajet le plus direct va de l’oeil au cerveau.
Écharde: dard entré dans la chair.
Echauffourée: chaude affaire de chats fous et de rats effarouchés.
Echo, ô hoquet!
Eclipse = ellipse.
Ecologie: laisser agir les eaux, les givres et les échos.
Ecosse: est-ce que les os d’Ossain sont au sec dans sa cosse?
Ecriture: rouerie, tu t’étires; tuerie, tu cries et tu rues…
Eglise: écluse.
Eléphant: elfe enflé.
Elite:de quel tri licite est-elle tirée?"
M.Leiris. Langage tangage ou ce que les mots me disent.
2. Lorsque nous lisons, nous ne déchiffrons pas tous les mots. En fait, certains mots sont "devinés" plus que lus. Vérifiez cette loi en complètant le texte suivant.
Comment maigrir sans danger
"… c’est facile. Il suffit de ne pas … du tout et de ne … que de l’eau claire; on peut aussi se bourrer d’extraits thyroïdiens ou prendre des diurétiques, qui à défaut de graisse, permettent d’éliminer (très temporairement le plus souvent heureusement) de l’eau et des sels… Enfin, on peut comme cela se … assez souvent en dehors de nos frontières, se faire opérer, et mettre hors-circuit l’intestin grêle.
Seulement, le prix à … est lourds: un procès … et fort justement, à cette occasion, les médias ont … ces soi-disant spécialistes qui …. La crédulité d’individus prêts à tout pour … quelques kilos."
A.Monges. Apprenez à bien maigrir
3. Lisez le texte suivant le plus rapidement possible et en vous efforçant de ne jamais revenir en arrière. Chronométrez votre temps. Puis, sans relire, répondez par V(vrai) ou F (faux) aux affirmations qui suivent.
Une dispute
(Une querelle éclate un jour entre le coq, l’oie et le cochon. Chacun prétend qu’il est le plus beau des animaux. Les petites filles Delphine et Marinette s’apprêtent à intervenir pour apaiser leurs amies les bêtes, quand survient un autre "personnage"…)
Pendant la dispute, un paon apparut au coin de la haie et chacun fit silence. Son corps était bleu, son aile pondrée, et sa longue traîne verte était parsemée de taches bleues cernées par un anneau couleur de rouille. Il portait une hupe sur la tête et marchait d’un pas fier. Il eut un rire élégant et, se tournant de côté pour se faire admirer, dit en s’adressant aux deux petites:
– Depuis le coin de la haie, j’ai assisté à leur querelle et je ne vous cacherai pas que je me suis follement amusé. Ah! oui, follement…
Ici, le paon s’interrompit pour rire discrètement et reprit:
– Grase question de savoir quel est le plus beau de ces trois personnages. Voilà un cochon qui n’est pas mal avec sa peau rose et tendue. J’aime bien le coq aussi avec cette espèce de moignon qu’il a sur la tête et ces plumes qui l’habillent comme un hérisson. Et quelle grâce aisée dans le maintien de notre bonne oie, et
– quelle dignité dans le port de la tête…Ah! laissez-moi rire encore… Mais soyons sérieux. Dites-moi, jeunes filles, ne pensez-vous pas qu’il vaudrait mieux, quand on est si loin de la perfection, ne pas trop parler de sa beauté?
– Les petites rougirent pour le cochon, pour le coq et pour l’oie, et un peu pour elles, aussi. Mais, flattées de ce qu’il les eût appelées "jeunes filles", elles n’osèrent pas reprocher au paon son impolitesse.
– D’un autre côté, poursuivit le visiteur, je sais bien qu’on est un peu exausable quand on ne sait pas ce qu’est la vraie beauté…
Le paon tourna lentement sur lui-même en prenant des poses, pour que chacun pût le voir tout à son aise. Le cochon et le coq, muets d’admiration le regardaient avec des yeux ronds. Mais l’oie ne paraissait pas trop surprise. Elle fit observer tranquillement:
– C’est entendu, vous n’êtes pas mal, mais on en a déjà bien vu autant. Moi qui vous parle, j’ai connu un canard qui avait un plumage aussi beau que le vôtre. Et il ne faisait pas ces embarras. Vous me dites qu’il n’avait pas comme vous une longue traîne à balayer la poussière ni cette huppe sur la tête. Si vous voulez. Mais je peux vous assurer qu’elle ne lui manqueaient pas non plus. Il vivait très bien sans ça. Du reste, vous ne me ferez pas croire que tous ces ornements sont bien convenables. Me voyezvous, moi, avec un pinceau sur la tête et un mètre de plumes par derrière? Mais non, mais non. Ce n’est pas sérieux.
Pendant qu’elle parlait ainsi, le paon étouffait à peine un bâillement d’ennui et quand elle eut fini, il ne prit pas la peine de répondre. Déjà le coq reprenait de l’aplomb et ne raignait pas de comparer son plumage au sien. Il se tut tout d’un coup et le souffle même lui manqua une minute. Le paon venait de déployer les longues plumes de sa traîne qui s’arrondissait autour de lui comme un large éventail. L’oie elle-même en fut éblouie et ne put retenir un cri d’admiration. Emerveillé, le cochon fit un pas en avant pour voir les plumes de plus près, mais le paon fit un saut en arrière.
– S’il vous plaît, dit-il, ne m’approchez pas. Je suis une bête de luxe. Je n’ai pas l’habitude de me frotter à n’importe qui.
M.Aymé. Lec Contes du chat perché.
Testez-vous
Vrai ou faux?
1. Le paon dit qu’l a entendu la dispute et que cela l’a follement amusé
Vrai faux
2. Il reproche au cochon ses oreilles en "feuilles de betteraves"
Vrai faux
3. Il déclare au coq qu’il admire ses plumes qui l’habillent comme un hérisson
Vrai faux
4. Il reproche à l’oie de trop chanter du nez
Vrai faux
5. Il se montre tès respectueux à l’égard des "jeunes filles"
Vrai faux
6. Les filles reprochent au paon ses propos ironiques envers les autres animaux
Vrai faux
7. L’oie ose reprocher au paon ses ornements superflus qui ne font pas sérieux
Vrai faux
8. Le paon vexé commence à se fâcher
Vrai faux
9. Mais tous sont émerveillés lorsque le paon fait la roue
Vrai faux
10. Le paon les remercie et déclare qu’il désire devenir leur ami
Vrai faux
Repérage d’information
1. Lisez très rapidement l’article suivant en deux minutes. Pour cela ne vous obligez pas à suivre le texte ordinaire. Mais parcourez l’énoncé très vite. Votre oeil doit "balayer" chaque paragraphe selon une ligne qui le coupe "en diagonale".
2. Après le texte, se trouvent sous forme de sept questions, des informations que vous devrez rechercher le plus rapidement possible.
3. Relisez une seconde fois le texte en deux minutes en procédant de la même façon que précédemment, et repérez au passage les informations qui vous sont demandées.
4. Répondez aux huit questions en essayant de ne pas faire d’erreur.
Les ateliers de nacre et de perles
La grande famille des mollusques vit dans des maisons que chaque membre sécrète pour son propre usage, pour le nôtre aussi, puisque des coquillages sont tirées la nacre et les perles.
La nacre, traduction du mot persan "nakkar", qui signifie ornement chatoyant, est la couche interne de la coquille qui ne cesse de s’accroître par la formation de nouvelles lamelles.
Les merveilleux spécimens recherchés par les collectionneurs pour leur beauté se trouvent la plupart dans les mers chaudes.
Diverses espèces, tels le Turbo, le Troque, l’Hallotis ou Oreille de mer, le Nautile, sont utilisées pour leur nacre et cidelées par d’habiles artisans. Du Casque rouge les artistes italiens tirent les camées finement taillés et sculptés.
Jadis la nacre était travaillée dans des usines de la vallée de l’Oise,d es Vosges et du Dauphiné qui façonnaient des manches de couteaux, des boutons, des bibelots. Cette industrie a été ruinée par deux guerres mondiales.
Il arrive qu’un ver parasite, voire un grain de sable, s’introduise entre le manteau (partie molle) et la coquille d’une Huître ou d’une Moule. Petit à petit le corps étranger est recouvert de nacre. Ainsi naissent les perles fines.
Les Moules de rivière ont été longtemps exploitées, sous le nom de Mulettes perlières, dans une petite rivière vosgienne, la Vologne. Le duc de Lorraine gardait jalousement la pêche de ces Moules. Bien des siècles plus tard, lors d’un séjour qu’elle fit à Plombières, l’impératrice Joséphine se vit offrir un magnifique collier monté avec des perles de rivière. Les véritables Huîtres perlières, de leur vrai nom Léléagrines, se pêchent en Océanie, en mer Rouge, dans l’océan Indien, au Japon, sur les côtes américaines. Elles vient sous plusieurs mètres d’eau, dans les golfes, les lagunes des atolls, et se nourrissent des organismes microscopiques en suspension dans l’eau de mer.
M. Vérité. Découvrir et connaître les métiers des animaux et des hommes.
Questions:
1. Qu’est-ce que c’est la nacre? Sur quel support se forme-t-elle?
2. Quels objets en nacre fabriquait-on jadis en France?
3. Qu’est-ce qui a ruiné cette industrie?
4. Quel autre nom donnait-on au Moules de rivières?
5. Quelle impératrice française se fit offrir un magnifique collier en perles de rivière?
6. Quel est le vrai nom des Huîtres perlières?
De quoi se nourrissent – elles?
II. Recherchez dans une encyclopédie la classification des mollusques. DE quelle classe font partie: les moules et les huîtres, les escargots et les limaces, les calmars et les seiches?
III. Cherchez dans un dictionnaire l’étymologie exacte du mot: nacre.
Est-ce bien la même que celle qui nous est signalée dans le texte?
Quelle définition de nacre ce dictionnaire donne-t-il?
Employez l’adjectif nacré dans une expression en lui donnant son sens figuré.
S’informer dans un journal.
1. Etudiez la présentation de la "une" d’un journal (disposition "en mosaïque" des différents articles contenus à l’intérieur; composition et situation du "sommaire").
2. Quelles sont les informations qui vous intéressent le plus? Où allez-vous les trouver? Cherchez à l’intérieur du journal un article qui attire particulièrement votre curiosité.
3. Faites-vous une idée rapide du contenu de cet article sans le lire, mais seulement en parcourant très vite les titres, intertitres, sous-titres ou le chapeau d’introduction;
4.Vérifiez ensuite à l’aide d’une lecture complète et attentive. Aviezvous une bonne idée (exacte) du contenu?
Repérer le plan d’un texte
1. Lisez le texte:
La fête
A la vie régulière, occupée aux travaux quotidiens, paisible, prise dans un système d’interdits, toute de précautions, s’oppose l’effervescence de la tête. Celle-ci, si l’on ne considère que ses aspects extérieurs, présente des caractères identiques à n’importe quel niveau de civilisation. Elle implique un grand concours de peuple agité et bruyant. Ces rassemblements massifs favorisent éminemment la naissance et la contagion d’une exaltation qui se dépense en cris et en gestes, qui incite à s’abandonner sans contrôle aux impulsions les plus irréfléchies. Même aujourd’hui, où cependant les fêtes appauvries ressortent si peu sur le fond de grisaille que constitue la monotonie de la vie courante et y apparaissent dispersées, émiettées, presque enlisées, on distingue encore en elles quelques misérables vestiges du déchaînement collectif qui caractérise les anciennes frairies. En effet, les déguisements et les audaces permises au carnaval, les libations et les bals de carrefour du 14 juillet, témoignent de la même nécessité sociale et la continuent. Il n’y a pas de fête, même triste par définition, qui ne comporte au moins un début d’excès et de bombance: il n’est qu‘à évoquer les repas d’enterrrement à la campagne. De jadis ou d’aujourd’hui, la fête se définit toujours par la danse, le chant, l’ingestion de nourriture, la veuverie. Il faut s’en donner tout son soûl, jusqu’à s’épuiser, jusqu’à se rendre malade. C’est la loi même de la fête.
R.Caillois. L’Homme et le sacré.
1. Voici un plan possible pour ce texte. Commentez et complètez-le. Vous pouvez même le critiquer ou proposer un autre plan.
I Introduction
Présentation du thème grâce à une opposition: "A la vie régulière… s’oppose l’effervescence de la fête."
II Thème: la fête
1. affirmation générale:
• Conditions nécessaires
• Conséquences
2. confirmation par les faits historiques:
• Anciennes "frairies"
• De nos jours:
• Fêtes gaies, fêtes tristes
III Conclusion (définition de la fête)
2. Rédigez une conclusion pour le texte suivant.
L’automobiliste et la route
Est-il vrai que l’homme au volant ne regarde jamais le paysage et ne s’occupe pas de la route? Est-il vrai qu’il lui soit indifférent de rouler entre des arbres, au bord de l’eau, devant des horizons de montagnes ou de champs de blé?
Je ne crois pas. J’ai souvent remarqué comme l’automobiliste voyait les choses sans en avoir l’air… Un de mes amis qui a surtout le goût de la mécanique, qui aime sa voiture comme un savant aime son cobaye – c’està-dire pour lui inoculer des maux qu’il guérira – a l’air, quand il conduit, de ne regarder ni à droite ni à gauche. Ce qui l’occupe c’est l’haleine du moteur, le bruit imprévu qu’il faut faire taire, l’odeur du caoutchouc grillé qu’il flaire avec le froncement de sour cil d’un gastronome offensé. Eh bien! malgré cette passion absorbante, la route et le paysage existent pour lui. Il n’y a pas de meilleur guide pour établir un itinéraire: il vous fera passer devant l’étang à la Corot, il vous initiera aux mystères des forêts, il vous indiquera le petit village qui ressemble au premier chapitre d’un roman. Peintre, poète, écrivain, il est tout cela d’instinct, simplement parce que le rythme du moteur et le dynamisme de la route le portent au sommet de lui-même.
J. de Lacretelle. L’heure qui change
Elaborez le plan détaillé de la discussion sur le sujet: Pensez-vous comme Jean-Paul Sartre, que l’écrivain, en tant que témoin de son temps, a le devoir de s’engager?
Nous ne voulons rien manquer de notre temps: peut-être en est-il de plus beaux, mais c’est le nôtre; nous n’avons que cette vie à vivre, au milieu de cette guerre, de cette révolution peut-être. Nous sommes voncaincus qu’on ne peut pas tirer son épingle du jeu. Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action. Celui qui consacrerait sa vie à faire des romans sur les Hittites, son abstention serait par elle-même une prise de position. L’écrivain est en situation dans son époque: chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commmune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher. Ce n’était pas leur affaire, dira-t-on. Mais le procès de Calas, était-ce l’affaire de Voltaire? La condamnation de Dreyfus, était-ce l’affaire de Zola? L’administration du Congo, était-ce l’affaire de Gide? Chacun de ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d’écrivain. L’occupation nous a appris la nôtre. Puisque nous agissons sur notre temps par notre existence même, nous décidons que cette action sera volontaire. Encore faut-il préciser: il n’est pas rare qu’un écrivain se soucie, pour sa modeste part, de préparer l’avenir. Mais il y a un futur vague et conceptuel qui concerne l’humanité entière et sur lequel nous n’avons pas de lumières: l’histoire aura-t-elle une fin? Le soleil s’éteindra-t-il? Quelle sera la condition de l’homme dans le régime socialiste de l’an 3000? Nous laissons ces rêveries aux romanciers d’anticipation; c’est l’avenir de notre époque qui doit faire l’objet de nos soins: un avenir limité qui s’en distingue à peine – car une époque, comme un homme, c’est d’abord un avenir. Il est fait de ses travaux en cours, de ses entreprises, de ses projets à plus ou moins long terme, de ses révoltes, de ses combats, de ses espoirs: quand finira la guerre? Comment rééquipera-t-on le pays? Comment aménagerat-on les relations internationales? Comment seront les réformes sociales? Les forces de la réaction triompheront-elles? Y aura-t-il une révolution et que sera-t-elle? Cet avenir nous le faisons nôtre, nous ne voulons point en avoir d’autre.
J-P. Sartre. Les Temps modernes n 1
Faites le plan détaillé de l’introduction après avoir lu un texte de l’abbé Grégoire.
Sujet de la discussion: Pensez-vous que l’unité d’un groupe de personnes quel qu’il soit ne peut se faire qu’au prix d’une certaine uniformisation?
Il n’y a qu’environ quinze départements de l’intérieur où la langue française soit exclusivement parlée. En core y éprouve-t-elle des altérations sensibles, soit dans la prononciation, soit par l’emploi de termes impropres et surannés, surtout vers Sancerre, où l’on trouve une partie des expressions de Rabelais, Amyot et Montaigne.
Nous n’avons plus de provinces, et nous avons encore environ trente patois qui en rappellent les noms.
Peut-être n’est-il pas inutile d’en faire l’énumération: le bas-breton, le normand, le picard, le rouchi ou wallon, le flamand, le chapenois, le messin, le lorrain, le franc-comtois, le bourguignon, le bressan, le lyonnais, le dauphinois, l’auvergnant, le poitevin, le limousin, le picard, le provençal, le languedocien, le velayen, le catalan, le béarnais, le basque, le rouergait et le gascon; ce dernier seul est parlé sur une surface de soixante lieues en tous sens.
Au nombre des patois on doit placer encore l’italien de la Corse, des Alpes-Maritimes, et l’allemand des haut et Bas-Rhin, parce que ces deux idiomes y sont très dégénérés.
Enfin, les Nègres de nos colonies, dont vous avez fait des Hommes, ont une espèce d’idiome pauvre comme celui des Hottentots, comme la langue franque, qui, dans tous les verbes, ne connait guère que l’infinitif. On peut assurer sans exagération qu’au moins six millions de Français, surtout dans les compagnes, ignorent la langue nationale; qu’un nombre égal est à peu près incapable de soutenir une conversation suivie; qu’en dernier résultat, le nombre de ceux qui la parlent purement n’excède pas trois millions; et probablement le nombre de ceux qui l’écrivent correctement est encore moindre.
Ainsi, avec trente patois différents, nous sommes encore, pour le langage, à la tour de Babel, tandis que pour la liberté nous formons l’avantgarde des nations. Si dans notre langue la partie politique est à peine créée, que peut-elle être dans des idiomes dont les uns abondent à la vérité en expressions sentimentales, pour peindre les douces effusions du coeur, mais sont absolument dénués de termes relatifs à la politique; les autres sont des jargons lourds et grossiers, sans syntaxe déterminée, parce que la langue est toujours la mesure du génie d’un peuple; les mots ne croissent qu’avec la progression des idées et des besoins. Leibniz avait raison: les mots sont les lettres de change de l’entendement; si donc il acquiert de nouvelles idées, il lui faut des termes nouveaux; sans quoi l’équilibre serait rompu. Plutôt que d’abandonner cette fabrication aux caprices de l’ignorance, il vaut mieux certainement lui donner votre langue; d’ailleurs, l’homme des campagnes, peu accoutumé à généraliser ses idées, manquera toujours de termes abstraits; et cette inévitable pauvreté du langage qui resserre l’esprit, mutilera vos adresses et vos décrets si même elle ne les rend intraduisibles.
Tout ce qu’on vient de lire appelle la conclusion, que pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme et faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage.
Abbé Grégoire. Rapport sur la langue française.
Après avoir défini les grandes directions de votre argumentation, faites le plan détaillé de la conclusion en vous basant sur un texte de Joseph de Maistre.
Au-dessus de ces nombreuses races d’animaux est placé l’homme, dont la main destructive n’épargne rien de ce qui vit; il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour se parer, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s’instruire, il tue pour s’amuser, il tue pour tuer: roi superbe et et terrible, il a besoin de tout, et rien ne lui résiste. Il sait combien la tête du requin et du cachalot lui fournira de barriques d’huile; son épingle déliée pique sur le carton des musées l’élégant papillon qu’il a saisi au vol sur le sommet du mont Blanc ou du Cimboraço; il empaille le crocodile; il embaume le colibri; l’homme demande tout à la fois, à l’agneau ses entrailles pour faire résonner une harpe, à la baleine ses fanons pour soutenir le corset de la jeune vierge, au loup sa dent la plus meurtrière pour polir les ouvrages légers de l’art, à l’éléphant ses défenses pour façonner les jouets d’un enfant: ses tables sont couvertes de cadavres. Cependant quel être exterminera celui qui les exterminera tous? Lui. C’est l’homme qui est chargé d’égorger l’homme. Mais comment pourra-t-il accomplir la loi, lui qui est un être moral et miséricordieux; lui qui est né pour aimer; lui qui pleure sur les autres comme sur lui-même, qui trouve du plaisir à pleurer, et qui finit par inventer des fictions pour se faire pleurer; lui enfin à qui il a été déclaré qu’on redemandera jusqu’à la dernière goutte du sang qu’il aura versé injustement? C’est la guerre qui accomplira le décret. N’entendez-vous pas la terre qui crie et demande du sang? L’homme saisi tout à coup d’une fureur divine, étrangère à la haine et à la colère, s’avance sur le champ de bataille sans savoir ce qu’il veut ni même ce qu’il fait. Qu’est-ce donc que cette horrible énigme? Rien n’est plus contraire à sa nature, et rien ne lui répugne moins: il fait avec enthousisasme ce qu’il a en horreur. N’avez-vous jamais remarqué que, sur le champ de mort, l’homme ne désobéit jamais? Il pourra bien massacrer Nerva ou Henri IV; mais le plus abominable tyran, le plus insolent boucher de chair humaine n’entendra jamais là: NOUS ne voulons plus vous servir. Une révolte sur le champ de bataille, un accord pour s’embrasser en reniant un tyran, est un phénomène qui ne se présente pas à sa mémoire. Rien ne résiste, rien ne peut résister à la force qui traine l’homme au combat; innocent meurtrier, instrument passif d’une main redoutable, il se plonge tête baissée dans l’abîme qu’il a creusé lui-même; il donne, il reçoit la mort sans se douter que c’est lui qui a fait la mort.
Joseph de Maistre. Les Soirées de Saint-Pétersbourg.
Selon vous, les hommes sont-ils irrémédiablement condamnés à s’exterminer?
Voici un plan possible pour le sujet "A quoi sert la lecture?":
A. Définition: qu’est-ce que lire?
• Déchiffrage
• Compréhension d’un message
• Communication
• Apprentissage
• Culture
• Plaisir
Donc, la lecture sert – mais à qui?
B. Fonction:
a. aspects utilitaires:
• utilité sociale
• utilité professionnelle
• communication
• déchiffrement des codes
b. fonctions non utilitaires:
• loisir
• rêve
• évasion
• substitution.
C. Lecture et culture:
Dépassement de l’opposition pratique/imaginaire.
Culture: – connaître la civilisation, utiliser le code écrit (aspect utilitaire),
– connaissances et usage littéraire de la langue
a. Proposez l’introduction générale correspondant au plan et les introductions partielles de chacune des parties.
b. Rédigez une conclusion globale.
Rédigez l’introduction de cette description:
Lucile était grande et d’une beauté remarquable mais sérieuse. Son visage pâle était accompagné de longs cheveux noirs; elle attachait souvent au ciel ou promenait autour d’elle des regards pleins de tristesse ou de feu. Sa démarche, sa voix, son sourire, sa physionomie, avaient quelque chose de rêveur et de souffrant.
Chateaubriand. Mémoires d’outre – tombe.
Dites à quel genre se rattachent les introductions de ces récits:
"Je crois bien, en voyage, n’avoir jamais couru plus effroyables périls que lors de mon expédition sur Amauropie, planète de la constellation du Cyclope. C’est au professeur Trantoga que je suis redevable des tribulations par lesquelles il m’a fallu passé."
"Un meunier ne laissa pour tout bien à trois enfants qu’il avait que son moulin, son âne et son chat … L’aîné eut le moulin, le second eut l’âne, mais le troisième n’eut que le chat."
Prendre des notes
1. Lisez le texte suivant "crayon en mains", et prenez en note les idées essenteielles: celles qui devraient vous permettre de retrouver les seules informations dignes d’être retenues;
Un pont entre les générations
La situation générale des personnes âgées dans le monde est présentée par l’Ecole américiane qui a fait une enquête sur les pays suivants: Etat-Unis, Bangladesh, Japon, Royaume-Uni, France, Iran, Canada, République de Corée.
Leur première constatation est que les personnes sont beaucoup plus respectées dans les pays non-industirialisées, où elles vivent en contact avec les autres générations et où elles exercent souvent une puissance économique et une grande emprise intellectuelle.
Dans les pays industiralisés, la situation des personnes âgées est très différente dans les villes et dans les villages. Dans les villages, les contacts sont fréqents et étroits entre les groupes d’âge, comme dans les sociétés tradionnelles.
Dans les pays industrialisés, se pose le problème des maisons de retraite. Certaines, dans les pays scandinaves, sont trop "parfaites", trop planifiées, au détriment de la liberté des contacts humains.
Nous avons rendu visite à des personnes âgées dans ces maisons et nous avons constaté leur grande solitude. Nos visites ont été très appréciées. Il est important que ces relations soient poursuivies et que les personnes âgées, de leur côté, recherchent ces contacts avec les jeunes.
Nous avons été amenés à distinguer deux catégories de personnes âgées:
• Les plus âgées, souvent importentes et dans des maisons. Très seules, elles ont
• besoin surtout d’aide morale;
• Les plus jeunes, encore actives, doivent, elles, faire participer les jeunes à leurs activités. Les jeunes ainsi se prépareront aussi à vieillir.
S’il y a un problème des persones âgées et qu’il n’a pas été résolu, c’est qu’il y a des obstacles aux contacts jeunes-vieux. Ils sont d’ordre:
Psychologique:
• Marginailisation par les autres générations: "vous êtes vieux";
• Auto-marginalisation par elles-mêmes, elles se sentent rejetées par les autres: "je suis vieux".
Sociologique:
• L’époque actuelle favorise l’individualisme et le "tout pour la jeunesse";
• La société de consommation assimile productif à utile, et non productif à inutile;
• Dans les villes, l’habitat, l’anonymat des grands ensembles rendent difficiles les communications et l’accueil des personnes âgées dans les familles. Il n’y a pas de lieux de rencontres. La celllule familiale a éclaté. Les vieux ont peur de sortir et de recevoir des jeunes chez eux (danger des bandes, des "loubards"…).
Affectif:
• On parle de "fossé" entre les générations: nous pensons qu’il s’agit plutôt soit de crainte réciproque, soit de la peur de certains vieux d’inspirer de la pitié, soit parfois d’indifférence mutuelle, de désintérêt qui aboutissent à l’incompréhension;
• Des personnes âgées nous disent que leurs contacts avec les jeunes cessent avec l’adolescence.
Le Courrier de l’Unesco, 1982.
Si vous avez bien pris vos notes, vous devez répondre sans faire d’erreur aux questions suivantes. Attention vous n’avez pas le droit de relire l’article:
1. Quel est le thème central de cet article (vous pourriez l’utiliser comme titre)?
2. Quelle est la première constatation importante de l’enquête effectuée?
3. Dans les pays industiralisés, la condition des personnes âgées estelle meilleure dans les villages ou dans les villes? Pourquoi?
4. Pourquoi les "maisons de retraite" posent-t-elles un problème, en particulier dans les pays scandinaves?
5. Quelles distinctions les enquêteurs font-ils parmi les personnes âgées?
6. De quel ordre sont les obstacles aux contacts entre jeunes et vieux (l’article cite trois "catégories" d’obstacles)?
De nombreux écrivains notaient leurs pensées quotidiennes, leurs réflexions dans leur "journal" sans chercher à "rédiger" des phrases pompeuses. Le plus souvent, ils se contentaient de simples "notes". Voici un exemple:
Vol silencieux des mouches au plafond. Elles se décollent de leur poutre, entrent dans le quadrille, font quelques tours, et se recollent à la poutre.
L’arbre me dit, les bras croisés…
Coucher de soleil, linge léger des nuages.
Un facteur qui offrirait les lettres au choix.
Même nu-tête, il ôte sa casquette pour dire bonjour.
La lune, diamant sur un lit d’ouate.
Ane, mon frère âne, ne vois-tu rien venir?
J. Renard. Journal, 21 sept. 1902.
1. Etudiez la structure des phrases. Ces notes correspondent-elles à un "ordre" logique quelconque? Quel semble être le souci principal de Jules Renard?
2. A votre tour tenez de cette façon votre "journal" durant une semaine.
La plupart des écrivains établissent avant la rédaction de leur livre un plan précis sous forme de notes. Ce "guide" constituera un soutien précieux sinon indispensable. Voici le début du "sommaire" établi par Zola pour son roman Au Bonheur des dames:
"Le poème de l’activité moderne. La joie de l’action, le plaisir de l’existence.
Le petit commerce écrasé par les grands magasins.
Ceux-ci de véritables machines à vapeur en fonction.
La lutte pour la vie. Gaie.
Octave exploitant la femme, puis exploité et vaincu par la femme.
1. Arrivée de Louise à Paris. Jean et Pépé. L’extérieur du Bonheur revenant trois fois. Les Baudu, Geneviève, Colomban. Tout le petit commerce posé. Barrois. Vinçard et Robineau. Gaujean. Hist.d’Octave posée. Tout le quartier devant le Bonheur.
2. L’intérieur du Bonheur dans les clientes. Louise venant se présenter. Promenade d’Octave et d’Hervieu posant tous les rayons. Tous les employés. La mécanique intérieure, expliquée. Préparation de la mise en vente d’hiver. Louise peur en face d’Octave. Deloche."
E. Zolà. Les Rougon-Macquart.
1. Examinez attentivement ces "notes". En quel style sont-elles rédigées? Relevez-vous beaucoup de phrases nominatives? Autres remarques sur la formulation adoptée par Zola.
2. Comment l’écrivain procède-t-il? Son "découpage" ne vous fait-il pas songer à certaines techniques cinématographiques?
3. Explicitez ces notes, au besoin par écrit, en faisant des phrases plus canoniques et plus "claires". Distinguez scènes descriptives et passages narratifs.
Voici le début du roman Au Bonheur des dames. Comparez et dites si Zola a respecté ses notes. Observez la manière dont il les développe:
Denise était venue à pied de la gare Saint-Lazare, où un train de Cherbourg l’avait débarquée avec ses deux frères, après une nuit passée sur la dure banquette d’un wagon de troisième classe. Elle tenait par la main Pépé, et Jean la suivait, tous les trois brisés du voyage, effarés et perdus au milieu du vaste Paris, le nez levé sur les maisons, demandant à chaque carrefour la rue de la Michodière, dans laquelle sur oncle Baudu demeurait. Mais, comme elle débouchait enfin sur la place Gaillon, la jeune fille s’arrêta net de surprise.
– Oh! dit-elle, regarde un peu, Jean!
Et ils restèrent plantés, serrés les uns contre les autres, tout en noir, achevant les vieux ségements du deuil de leur père. Elle, chétive pour ses vingt ans, l’air pauvre, portait un léger paquet; tandis que, de l’autre côté, le petit frère, âgé de cinq ans, se pendait à son bras, et que, derrière son épaule, le grand frère, dont les seize ans superbes florissaient, était debout, les mains baillantes.
– Ah bien! reprit-elle après un silence, en voilà un magasin!
C’etait, à l’encoignure de la rue de la Michodière et de la rue Neuve-Saint-Augustin, un magasin de nouveautés dont les étalages éclataient en notes vives, dans la douce et pâle journée d’octobre. Huit heures sonnaient à Saint-Roch, il n’y avait sur les trottoirs que le Paris matinal, les employés filant à leurs bureaux et les ménagères courant les boutiques. Devant la porte, eux commis, montés sur une échelle double, finissaient de pendre des lainages, tandis que, dans une vitrine de la rue Neuve-Saint-Augustin, un autre commis, agenouillé et le dos tourné, plissait délicatement une pièce de soie bleue. Le magasin, vide encore de clientes, et où le personnel arrivait à peine, bourdonnait à l’intérieur comme une ruche qui s’éveille…
Résumer un texte
1. Première étape pour "résumer": comprendre parfaitement tous les mots du texte (sens étymologique-propre-figuré-contextuel). Lisez ce texte.
L’Huître
A l’intérieur, on trouve tout un monde, à boire et à manger: sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en dessus s’affaissent sur les cieux d’en
dessous, puur ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner.
Francis Ponge. Le parti pris des choses.
Chercher dans le dictionnaire:
1. L’étymologie et le sens de firmament. Pourquoi ce terme est-il particulièrement bien choisi dans le contexte?
2. L’étymologie de formule? Quel sens ce mot prend-il dans le poème? Que pensez-vous de l’expression: "une formule perle à leur gosier"?
3. Notez également le sens des mots ou expressions: à boire et à manger, flue et reflue, frangé, s’orner (sens général et sens dans le poème).
4. Savoir exploiter les informations d’un dictionnaire.
1. Quelle est l’origine du mot étoile?
2. Cherchez les mots apparentés qui ont été crées au XXe siècle.
3. Quelles relations ont avec étoile les mots: malotru, désastre, astérisque?
4. Seconde étape: distinguer les paragraphes et les idées-clés.
Divisez le texte suivant en petits paragraphes et dégagez l’idée-clé. Etablissez un plan détaillé de l’article. Formulez votre résumé.
Le Livre
Alors que les pays en développement représentent environ 70% de la population du globe, ils ne produisent au total qu’un cinquième à peine des livres publiés dans le monde, le reste de la production étant concentré dans une trentaine de pays industrialisés. Les principaux obstacles au développement de la production locale sont le coût de la production intellectuelle (rétribution des auteurs, acquisition des copyrights, financement de la traduction) et le coût de la fabrication, dont les deux postes essentiels sont l’équipement mécanique et le papier mais dans lequel entre aussi la formation professionnelle. En attendant de pouvoir satisfaire eux-mêmes à leurs besoins, les pays en développement sont contraints, pour faire face à une demande intérieure qui va croissant avec la généralisation de l’enseignement et les progrès de l’alphabétisation, de recourir aux apports extérieurs. Cela entraîne pour eux une charge financière d’autant plus lourde que d’importants frais de transport s’ajoutent au coût des livres et que les paiements doivent être effectués en devises.
De plus, les ouvrages importés sont loin de toujours répondre aux aspirations de leurs peuples alors que leurs auteurs nationaux, qui sont souvent amenés à se faire publier à l’étranger parce qu’ils ne sont pas insérés dans le circuit économique local de l’édition, seraient à même de faire face à la plus grande partie de leurs besoins. Les apports extérieurs ne peuvent donc être que des palliatifs temporaires et non des remèdes à la pénurie de livres.
O. Klineberg. Culture et cultures.
Distinguez les mots de liaison. Relevez dans le texte de présentation suivant les mots qui soulignent l’articulation du raisonnement:
Pourquoi et comment agrandir sa maison?
Lorsqu’on se trouve confronté au problème délicat mais très contemporain d’une extension d’habitation, maintes solutions s’offrent à nous. Cette étude va en exposer différentes possiblités.
En effet, depuis quelques années un mouvement qui tend à l’agrandissement des maisons se dessine, sans doute est-ce dû aux nécessités écnonomiques! Cette exigence est difficile à contenter tant sur le plan du coût de l’opération que sur celui de l’esthétique. Il est impérieux que ce nouvel espace n’apparaisse pas comme une verrue surajoutée à votre demeure, qu’il s’intègre avec élégance à l’architcture existante. De prime abord, deux questions apparemment évidentes viennent à l’esprit: pourquoi voulons-nous nous agrandir, dans quelle intention? Imitons Balzac qui se demandait le pourquoi de toute chose: c’est en fait principalement pour augmenter une surface habitable que le temps – et souvent les enfants – a rendu trop étroite.
Dès lors, comment agrandir cette maison, par quels moyens? En créant de nouveaux volumes: vérandas, bow-windows, appentis, celliers, garages, ceci est affaire de besoins et de goûts!
O. De Tilière. Agrandir et protéger sa maison
Lisez, analysez et résumez
Dans les grandes profondeurs océaniques
La vie dans les grandes profondeurs des océans ne cesse de nous surprendre. On avait cur, il y a une dizaine d’années, pouvoir adopter un modèle général dans lequel la vie, au-delà de cinq cents mètres de profondeur environ, dépendait totalement pour sa subsistance des apports de matière organique produite dans les couches éclairées de surface (par les innombrables algues unicellulaires qui composent le phytoplancton) et transformée au cours de la chaîne alimentaire. On avait même pu identifier les vecteurs de ce flux vertical de matière organique. Il s’agit d’une part de petites particules de quelques dizaines à quelques centaines de micromètres, et, d’autre part, à l’extrémité opposée du spectre des tailles, des carcasses des grands animaux pélagiques, poissons (thons, marlins, et poisson-voile, espadons, etc.), reptiles (tortues de mer) et mammifères marins (petits et grands cétacés).
Ce modèle général, qui rendait à peu près compte de la répartition des animaux de profondeur et, en particulier, de la diminution très forte de la densité (nombre d’individus par unité de surface) et de la biomasse (poids de matière vivante par unité de surface) avec l’accroissement de la profondeur, a été radicalement remis en cause il y a quelques années, lors de l’exploitation avec des sous-marins profonds des dorsales océaniques du Pacifique oriental (ride des Galapagos, entre cet archipel et la côte d’Amérique centrale, et dorsale du Pacifique oriental). Là, par 20500 mètres de profondeur, on été découvertes de véritables oasis de vie, où grouillent littéralement vers tubicoles géants, grands bivolves, crabes agiles, vers annelés, poissons, etc. Installés autour des sorties de fluides d’origine hydrothermale, dont la température, beaucoup plus élevée que celle de l’eau de mer ambiante, peut atteindre la valeur ahurissante de 350 C. Alors que la biomasse animale, à quelques centaines de mètres à peine de ces oasis, est inférieure en moyenne à 10 grammes par mètre carré, elle peut dépasser 50 kilos par mètre carré dans ces zones privilégiées.
On connaît aujourd’hui, sans avoir complètement élucidé les mécanismes physiologiques les plus intimes, l’explication de cette extraordinaire richesse. Grâce à des bactéries qui se développent dans leurs cellules, les animaux se nourrissent en définitive à partir de l’énergie produite par l’oxydation chimique de l’hydrogène sulfure contenu en abondance dans les fluides hydrothermaux chauds, qu’elles utilisent pour fixer le dioxyde de carbone dissous dans l’eau de mer.
Voilà donc des communautés vivantes qui, si le soleil venait brusquement à s’éteindre, continueraient de prospérer, alors que toutes les autres formes de vie fondées sur la photosynthèse s’éteindraient rapidement. En d’autres termes, ces oasis des profondeurs vivent aux dépens de l’énergie géothermique, exemple unique sur notre planète.
L.Laubier. L’Univer du vivant.
Dans le premier paragraphe soulignez la phrase qui exprime le thème générale de l’article. Complétez le tableau suivant (donnez simplement de grands titres qui mettront en évidence le plan suivi)
Après cette analyse, vous êtes maintennant en mesure de rédiger un résumé de l’article.
Résumer (réduire) un texte
Résumez le texte qui suit en 50 mots environ. Vous veillerez aux nombreuses descriptions qu’il comporte et qui peuvent se révéler indispensables à l’argumentation.
Tu auras entendu parler des portiques de Bologne: toutes les rues du centre étant bordées d’arcades, il ne reste qu’un mince ruban de chaussée entre deux galeries couvertes….
Admire… la grande leçon d’esprit civique. Chaque maison se trouve reliée à ses voisines par un vetibule ininterrompu, de manière que celle du riche et celle du pauvre ne se distinguent pas du dehors. Les colonnes sont
les mêmes pour tous, rondes, fortes, roses, les arcs en plein cintre (rarement en ogive) montent vers la clef de voûte devant la vitrine de la boucherie-charcuterie comme devant le portail à deux battants qui protège une cour patricienne. Si c’est une illusion dont il faut dénoncer la tromperie, avoue qu’il n’y a jamais eu de plus splendide chimère que ces trente-cinq kilomètres de galeries couvertes estompant l’inégalité des fortunes.
Autre bienfait du portique: il unit l’espace privé de l’habitation à l’espace public de la promenade. Moyen non seulement d’égalisation mais de communication sociale, il constitue une sorte de pièce ouverte à tous, de long corridor qui n’appartient à personne, un lieu de passage, de rencontre et d’amitié. Sous le portique, la distinction entre "les uns" et "les autres" s’abolit. Chacun est disponible pour tout le monde. Chacun abandone au plaisir d’êtr ensemble le souci d’être soi. Les vies privées se décloisonnent, les égoïsmes fondent. On perd son identité particulière au profit d’une douce et chaude sensation de camaraderie et de solidarité.
D. Fernadez. Dans la main de l’Ange.
Comptez les mots du texte suivant puis résumez-le au quart de sa longueur (écart toléré: 10% en plus ou en moins). Vous indiquerez le nombre de mots de votre résumé.
Le cas des immigrés commence heureusement à devenir plus clair dans l’esprit de beaucoup. Oh! le carisme n’est pas mort, loin de là! Du moins sa dénonciation n’est-elle plus tout à fait sans effet: le plus souvent, le raciste est devenu honteux. Il se défend vigoureusement de l’être, il accuse au contraire d’être raciste celui qu’il rejette pour sa langue, son origine ou, bien sûr, sa couleur, car chacun sait que le blanc n’est pas une couleur. Ce n’est qu’un progrès modeste sans doute, mais c’est quand même un progrès. Seulement, le racisme n’est qu’un des éléments – le plus sensible, peut-être, non le plus grave au fond – du sort des immigrés. La honte, c’est, plus encore, la situation matérielle qui leur est faite. Ils sont importés comme les animaux du zoo et souvent moins bien logés qu’eux. Ils assument les tâches les plus rebutantes, les métiers les plus malsains, ceux dont les Français ne veulent plus. Ils sont payés juste assez pour que, du fond de leur misère, dans leurs douars écrasés de soleil et leurs villages aux terres arides, d‘autres, malheureux comme eux, rêvent de devenir, à leur tour, manoeuvres chez Renault, mineurs dans le Pas-de-Calais, éboueur à Paris, cet eldorado.
Parqués, rejetés, condamnés à la solitude, ils sont des victimes de choix pour les petits chefs les plus hargneux, la bureaucratie la plus tatillone, la police la plus soupçonneuse, qui les suspecte a priori de tous les vols et de tous les viols, bien que, parmi eux, le taux de criminalité soit légèrement inférieur, oui, inférieur à la moyenne nationale. Perdus dans un monde où les coutumes, les moeurs, et souvent la langue, leur sont étrangères, trop peu reçoivent une formation, une instruction, une initiation à notre langage, sauf pour les chanceux qui bénéficient d’une aide bénévole et bien insuffisante encore.
Les travailleurs immigrés sont, dit-on, nécessaires à l’économie, à la prospérité de la nation. Alors, traitions – les humainement, non commes des bêtes de somme. Ou bien arrêtons cette nouvelle traite et acceptons une diminution de notre niveau de vie. Car la façon dont nous agissons à leur égard paraîtra, dans quelques décennies, et peut-être avant, non seulement incompréhensible, mais probablement d’une sottise et d’un égoïsme monstrueux.
P. Viansson-Ponté. Des jours entre les jours.
Résumez le texte suivant au quart de sa longueur (+/- 10%). Vous indiquerez le nombre de mots du texte et de votre résumé.
On ne peut pas lire n’importe quoi n’importe quand et n’importe où, c’est un fait d’expérience banale dont il n’y a sans doute pas de loi à tirer, mais qui mérite tout de même d’être considéré. Certains livres, même très haut placés, se défont au moindre contact des choses pénib les de la vie; d’autres passent l’épreuve sans être trop endommagés, et d’autres enfin, pourant tout aussi subtils et aussi peu connus pour saisir le réel à vif, entrent aussitôt en résonance avec la douleur physique ou morale la plus nue. J’ai pu lire Kafka dans les circonstances les moins propices à toute espèce de délectation littéraire, mais à l’époque où je logeais avec Michel chez un médecin de Revin, dans les Ardennes, et où je voyais toute la journée défiler sous mes fenêtres les ouvrières et ouvriers fondeurs estropiés, je n’ai pas pu lire les quelques tomes de Proust que j’avais emportés. En face de ces visages aux yeux criblés de limaille de fer, et de ces corps aux mains et aux pieds déchiquetés, toute la Recherche du temps perdu n’était plus que de la littérature, au sens péjoratif que le peuple a créé, et qui jamais encore ne m’avait paru aussi justifié.
M. Robert. La Vérité littéraire.
Résumez le texte suivant au quart de la songueur. Indiquez le nombre de mots du texte et de votre résumé.
La persécution est la tyrannie que le souverain exerce ou permet que l’on exerce en son nom contre ceux de ses sujets qui suivent des opinions différentes des siennes en matière de religion.
Il n’y a que l’ivresse du fanatisme et des passions, ou l’imposture la plus intéressée qui ait pu enseigner aux hommes qu’ils pouvaient, qu’ils devaient même détruire ceux qui ont des opinions différentes des leurs, qu’ils étaient dispensés envers eux des lois de la bonne foi et de la probité. Où en serait le monde si les peuples adoptaient ces sentiments destructeurs? L’univers entier, dont les habitants diffèrent dans leur culte et leurs opinions, deviendrait un théâtre de carnages, de perfidies et d’horreurs. Les mêmes droits qui armeraient les mains des Chrétiens, allumeraient la fureur insensée du musulman, de l’idolâtre, et toute la terre serait couverte de victimes que chacun croirait immoler à son Dieu.
Si la persécution est contraire à la douceur évangélique et aux lois de l’humanité, elle n’est pas moins oposée à la raison et à la saine politique. Il n’y a que les ennemis les plus cruels du bonheur d’un Etat qui aient pu suggérer à des souverains que ceux de leurs sujets qui ne pensaient point comme eux étaient devenus des victimes dévouées à la mort et indignes de partager les avantages de la société. L’inutilité des violences suffit pour désabuser de ces maximes odieuses. Lorsque les hommes, soit par des préjugés de l’éducation, soit par l’étude et la réflexion, ont embrassé des opinions auxquelles ils croient leur bonheur éternel attaché, les tourments les plus affreux ne font que les rendre plus opiniâtres; l’âme invincible au milieu des supplices s’applaudit de jouir de la liberté qu’on veut lui ravir; elle brave les vains efforts du tyran et des ses bourreaux. Les peuples sont toujours frappés d’une constance qui leur paraît merveilleuse et surnaturelle; ils sont tentés de regarder comme des martyrs de la vérité les infortunés pour qui la pitié les intéresse; la religion du persécuteurs leur devient odieuse; la persécution fait des hypocrites et jamais des prosélytes.
Diderot. Article "Persécuter". Encyclopédie.
Résumez ce texte de Michelet au quart de sa longueur (+/- 10%). Indiquez le nombre de mots du texte et de votre résumé.
Si la ville est tellement absorbante, il ne faut pas trop l’en accuser, ce semble; elle repousse le paysan autan qu’il est en elle, par des octrois terribles, par l’énorme cherté du prix des vivres. Assiégée par ces foules, elle essaie ainsi de chasser l’assaillant. Mais rien ne le rebute; nulle condition n’est assez dure. Il entrera, comme on voudra, domestique, ouvrier, simple aide des machines et machine lui-même. On se rappele ces anciennes populations italiques qui, dans leur frénétique désir d’entrer dans Rome, se vendaient comme esclaves, pour y devenir plus tard affranchis, citoyens.
Le paysan ne se laisse pas effrayer par les plaintes de l’ouvrier, par les peintures terribles qu’on lui fait de sa situation. Il ne comprend pas, lui qui gagne un franc ou deux, qu’avec des salaires de trois, quatre ou cinq francs, on puisse être misérable. "Mais les variations du travail? les chômages?". Qu’importe? il économisait sur ses faibles journées, combien plus aisément sur un si gros salaire il épargnera pour le mauvais temps!
Même en mettant le gain à part, la vie est plus douce à la ville. On y travaille généralement à couvert; cela seul, d’avoir un toit sur la tête, semble une grande amélioration. Sans parler de la chaleur, le froid dans nos climats est une souffrance, pour ceux même qui y semblent le plus habitués. J’ai passé pour ma part bien des hivers sans feu, sans être moins sensible au froid. Quand la gelée cessait, j’éprouvais un bonheur auquel peu de jouissances sont comparables. Au printemps, c’était un ravissement. Ces changements de saisons, si indifférents pour les riches, font le fond de la vie du pauvre, ses vrais événements.
Le paysan gagne encore en entrant dans la ville, sous le rapport de la nourriture; elle est, sinon plus saine, au moins plus savoureuse. Il n’est pas rare, dans les premiers mois du séjour, de le voir engraisser. En récompense, son teint change, et ce n’est pas en bien. C’est qu’il a perdu, dans sa transplantation, une chose très vitale, et même nutritive, qui seule explique comment les travailleurs de la campagne restent forts avec des aliments très peu réparateurs; cette chose, c’est l’air libre, l’air pur; rafraîchi sans cesse, renouvelé des parfums végétaux. L’air des villes est-il aussi malsain qu’on le dit, je ne le crois pas; mais il l’est à coup sûr dans les misérables logis où s’entassent la nuit un si grand nombre de pauvres ouvriers, entre les filles et les voleurs.
J. Michele., Le Peuple.
Préparation à la composistion française
1. Maîtriser la progression des idées et la cohésion du texte
Expliquez l’équivoque liée à l’emploi de certains pronoms anaphoriques. Récrivez chacun de ces textes en proposant des solutions permettant de faire disparaître les ambiguïtés.
"Souvent même l’humour est voulu par l’écrivain car en amusant le lecteur il arrive à mieux lui faire comprendre des idées."
"Le sport restera toujours payant pour les quotidiens du fait de la passion commune des gens pour le sport et ils garderont toujours autant de lignes pour les reportages sportifs dans leurs tirages."
"Lorsque deux parents débordent d’activité, ils ne songent pas que leurs enfants sont livrés à eux-mêmes. Ils sont donc très influencés par le milieu qui les entoure et sont souvent en contact avec d’autres enfants dans la même situation qu’eux; S’ils ne sont pas capables de trouver des activités enrichissantes, que leur reste-t-il?"
"C.-E. Clancier présente un poème compact en prose. Il possède pourtant six parties bien distinctes, chaque fois ponctuées par un point."
M.J.Reichler-Béguelin et alii. Ecrire en français.
Remettez les phrases dans l’ordre de façon à obtenir un paragraphe cohérent.
1. Les procédures, le jugment, sont les preuves et la déclaration qu’il a rompu le traité social, et par conséquent qu’il n’est plus membre de l’Etat.
2. D’ailleurs tout malfaiteur attaquant le droit social devient par ses forfaits rebelle et traître à la patrie, il cesse d’en être membre en violant ses lois, et même il lui fait la guerre.
3. Or comme il s’est reconnu tel, tout au moins par son séjour, il en doit être retranché par l’exil comme infracteur du pacte, ou par la mort comme ennemi public; car un tel ennemi n’est pas une personne morale, c’est un homme, et c’est alors que le droit de la guerre est de tuer le vaincu.
4. Alors la conservation de l’Etat est incompatible avec la sienne, il faut qu’un des deux périsse, et quand on fait mourir le coupable, c’est moins comme Citoyen que comme ennemi.
Jean-Jacques Rousseau. Du Contrat social.
Voici un texte d’Edgar Morin suivi d’un sujet de composition. Lisez les attentivement puis procédez à une analyse détaillée du sujet formel et plan des idées, relevé des mots clés, informations fournies par les données périphériques.
Toute individualité est le produit d’une dialectique des participations et de l’affirmation de soi. La star déclenche un flux de participations et d’affirmations de soi imaginaires…
Celles-ci peuvent décourager et inhiber les participations et les affirmations de soi pratiques, jusqu’à déterminer la cristallisation d’un type de personnalité schizophrène.
Comme dit une jeune employée anglaise de 22 ans qui, dès son enfance, se voua au culte des vedettes: "Et maintenant j’ai rompu plusieurs amitiés charmantes par nostalgie de quelque chose de différent, quelque chose fondé sur ma première idée de l’amour." Les identifications oniriques peuvent se complaire jusqu’à mépriser la vie. Telle cette jeune fille, citée par Margaret Phillip (The Eudcation of the emotions): fascinée par le cinéma, elle a vécu complètement en imagination la vie d’une star japonaise, accordant chaque moment de sa vie solitaire, à celle de son héroïne, allant même jusqu’à se flageller.
Mais les participations et affirmations de soi imaginaires inspirées par les stars déchenchent aussi des participations et des affirmations de soi concrètes. Indirectement ou directement les stars encouragent les participations ludiques (jeu d’enfants), les sorties, les voyages, le tourisme et surtout les participations amoureuses…
La dialectique des influences imaginaires et pratiques s’exerce précisément là où la vie humaine réelle est semi-imaginaire, là où la vie imaginaire est semi-réelle. A un extrême, elle encourage un repliement narcissique sur soi, à l’autre extrême, elle encourage par contre une affirmation de soi, un courage de vivre. Dans les deux sens, elle ouvre la voie d’un salut personnel soit dans le monde du rêve, soit dans le monde de veille, soit conjointement dans un monde où veille et rêve se mêlent et se transmutent l’un l’autre.
Ce rôle salutaire éclaire les mimétismes pratiques que nous avons examinés. Toutes ces imitations des belles manières, de la coiffure, de la beauté, de la séduction tendent au même but: avoir du succès, s’imposer. Tous ces imitateurs expriment le besoin profond d’affirmer leur propre individualité. Ces lèvres rouges triomphantes, ce sourire ardent de la beauté, ce besoin d’aimer, et d’être aimée révèlent que chaque femme veut se transformer en petite idole, en star minature…
La star joue naturellement le rôle de modèle. Mais elle ne se borne pas à offrir au mimétisme les uns et les rites des gens bien élevés, riches, estimés. Elle incarne une nouvelle élite. Elle propose et impose une nouvelle éthique de l’individualité, et qui est celle du loisir moderne.
L’éthique du loisir est née des besoins nouveaux du XX siècle; elle oriente l’affirmation de la personnalité, hors de la zone maudite du "travail en miettes", dans l’exaltation des activités qui font oublier et contrebalancent cette servitude. La star, comme le champion sportif, l’alpiniste, l’aviateur, exprime les idéaux de l’éthique du loisir; mais, de plus leur donne un débouché concret en leur présentant le fruit le plus exquis, le plus passionnant, le plus individualiste, le plus immédiatement consommable du loisir: l’amour.
Edgar Morin. Les Stars.
Sujet de composition: Edgar Morin estime que non seulement "la star joue naturellement le rôle de modèle", mais encore qu’"elle incarne une nouvelle élite". Vous commenterez et décrirez cette opinion en prenant soin d’illustrer vos arguments par des exemples précis.
Expliquez la conception de la lecture exposée par Proust dans le texte suivant, puis efforcez-vous d’en tirer un sujet de composition française.
Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-même la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire. Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous éveiller à la vie personelle de l’esprit, la lecture tend à se sibstituer à elle, quand la vérité ne nous apparaît plus comme un idéal que nous ne pouvons réaliser que par le progrès intime de notre pensée et par l’effort de notre coeur, mais comme une chose matérielle, déposée entre les feuillets des livres comme un lieu tout préparé par les autres et que nous n’avons qu’à prendre la peine d’atteindre sur les rayons des bibliothèques et de déguster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d’esprit. Parfois même, dans certains cas un peu exceptionnels, et d’ailleurs, nous le verrons, moins dangereux, la vérité, conçue comme extérieure encore, est lointaine, cachée dans un lieu d’accès difficile. C’est alors quelque document secret, quelque correspondance inédite, des mémoires qui peuvent jeter sur certains carctères un jour inattendu, et dont il est difficile d’avoir communication. Le lettré invoque en souriant en l’honneur de tel nom qu’il se trouve dans Villehardouin ou dans Boccace, en faveur de tel usage qu’il est décrit dans Virgile. Son esprit sans activité originale ne sait pas isoler dans les livres la substance qui pourrait le rendre plus fort; il s’encombre de leur forme intacte, qui, au lieu d’être pour lui un élément assimilable, un principe de vie, n’est qu’un corps étranger, un principe de mort. Est-il besoin de dire que si je qualifie de malsains ce goût, cette sorte de respect fétichiste pour les livres, c’est relativement à ce que seraient les habitudes idéales d’un esprit sans défaut qui n’existe pas, et comme font les physiologistes qui décrivent un fonctionnement d’organes normal tel qu’il ne s’en rencontre guère chez les êtres vivants. Dans la réalité, au contraire, où il n’y a plus d’esprits parfaits que de corps entièrment sains, ceux que nous appellons les grands esprits sont atteints comme les autres de cette "maladie littéraire". Plus que les autres, pourrait-on dire. Il semble que le goût des livres croisse avec l’intelligence, un peu au-dessous d’elle, mais sur la même tige, comme toute passion s’accompagne d’une prédilection pour ce qui entroure son objet, a du rapport avec lui, dans l’absence lui en parle encore. Aussi, les plus grands écrivains, dans les heures où ils ne sont pas en communication directe avec la pensée, se plaisent dans la société des livres. N’est-ce pas surtout pour eux, du reste, qu’ils ont été écrits; ne leur dévoilent-ils pas mille beautés, qui restent cachées au vulgaire? A vrai dire, le fait que des esprits supérieurs soient ce que l’on appelle livresques ne prouve nullement que ce la ne soit pas un défaut de l’être.
Marcel Proust. Pastiches et Mélanges.
Analyse du texte
Lisez le texte: a) dégagez la thèse b) donnez le point précis choisi pour l’illustrer c) donner les preuves par l’absurde d) précisez comment se définit la civilisation e) faites la conclusion.
Science et Bonheur
A vrai dire civilisation ne signifie pas tout à fait bonheur; en effet, il se trouve qu’au lieu de profiter du croît de leurs connaissances, souvent les hommes ont mal employé les ressources que leur a apportées un labeur scientifique prolongé. Si les avions devaient servir uniquement à bombarder les villes, l’aviation serait une funeste découverte. Si les progrès de la chimie consistaient à produire des gaz nocifs, aptes à détruire en quelques minutes un régiment, la chimie serait une science maudite. Donc, la civilisation, dans le sens légitime du mot, c’est-t-à dire une plus grande somme de bonheur à nos vies humaines, ne consiste pas uniquement dans la connaissance des choses, et même en leur emploi utilitaire. Il faut quelque chose de plus. C’est si l’on veut, encore qu’on ait abusé de ce mot, une sorte d’ordre moral, la notion de solidarité et de fraternité humaines, le respect du droit.
Sans la connaissance des choses, il n’y a pas de civilisation; il n’y a pas de bien-être; c’est la vie sauvage dans toute sa brutalité qui s’épanouit. Mais la connaissance ne suffit pas, il faut que le dévelopment intellectuel s’emploie au bien et non au mal.
Autrement dit, la science est au bonheur humain une condition nécessaire, mais non suffisante.
Ch. Richet. Le Savant.
Lisez le texte. Etudiez le premier et le second paragraphes pour pouvoir répondre aux questions après le texte.
La lecture est une drogue
Depuis la plus tendre enfance, avoir besoin de sa drogue, de sa dose dans les vingt-quatre heures, n’importe quoi, pourvu que cela soit de l’imprimé!
C’est ce que j’appelle être un inguérissable lecteur de livres; mais il y en a d’autres, d’un tout autre type, la variété en est infinie, car les ravages dus à la fièvre des livres dans la société contemporaine tient du prodige et de la calamité et ce que j’admire le plus chez les lecteurs assidus, ce n’est pas leur faculité d’illusion, et qu’ils ont tous en commun, et qui les marque comme d’un signe distinctif (dirai-je d’une flétrissure?), qu’il s’agisse d’un savant érudit spécialisé dans une question hors série et qui coupe les cheveux en quatre, ou d’une midinette sentimentale dont le coeur ne s’arrête pas de battre à chaque nouveau fascicule des interminables romans d’amour à quatre sous qu’on ne cesse de lancer sur le marché, comme si la Terre qui tourne n’était qu’une rotative de presse à imprimer.
Un des grands charmes de voyager ce n’est pas tant de se déplacer dans l’espace que de se dépayser dans le temps, de se trouver, par exemple, au hasard d’un incident de route, en panne chez les cannibales ou au détour d’une piste dans le désert en rade en plein Moyen Age. Je crois qu’il en va de même pour la lecture, sauf qu’elle est à la disposition de tous, sans dangers physiques immédiats, à la portée d’un valétudinaire et qu’à sa trajectoire encore plus étendue dans le passé et dans l’avenir que le voyage s’ajoute le don incroyable qu’elle a de vous faire pénétrer sans grand effort dans la peau d’un personnage. Mais c’est cette vertu justement qui fausse si facilement la démarche d’un esprit, induit le lecteur invétéré en erreur, le trompe sur lui-même, lui fait perdre pied et lui donne, quand il revient à soi parmi ses semblables, cet aire étaré, à quoi se reconnaissent les esclaves d’une passion et les prisonniers évadés; ils n’arrivent plus à s’adapter et la vie libre leur paraît une chose étrangères.
B.Cendrars. Bourlinguer.
Questions:
1. A quoi Cendrars compare-t-il la lecture?
2. Qu’entend Cendrars par "les ravages dus à la fièvre des livres", et comment faut-il comprendre l’opposition "prodige/calamité"?
3. Qu’ont en commun "la midinette sentimentale" et "le savant érudit spécialisé dans une question hors série"?
4. Quelles phrases vous semblent le mieux résumer le premier paragraphe?
• La Terre semble n’être qu’une immense rotative de presse à imprimer.
• La lecture assidue est la pire des drogues, elle nous éloigne du monde réel et nous aliène. Il faut donc la proscire à tout prix.
• La lecture est une drogue dont les effets illusoires et pernicieux peuvent atteindre tous les individus sans distinction de classe ni de niveau.
• La diversité des lecteurs est infinie mais leur passion est identique; elle est vécue avec la même intensité par "la midinette" ou par "le savant érudit".
5. Dans le second paragraphe expliquez: "sans dangers physiques immédiats"; "valétudinaire".
6. Résumez le second paragraphe en une phrase.
7. Etudiez la comparaison entre la lecture et le voyage. Mettez en évidence les ressemblances, les différences.
8. En définitive, la "vertu" principale de la lecture est-elle enviable selon Cendrars?
Lisez le texte. Analysez-le en suivant les questions suivantes:
1. De quel(s) sujets(s) traite-t-il principalement?
2. Sur quoi insiste-t-on essentiellement? sur l’histoire de la comète de Halley (à situer dans le texte) ou sur l’intérêt actuel de l’événement (son passage à proximité de la Terre en 1986)?
3. Quelles informations d’ordre pratique contient ce texte?
Comète de Halley
La Cité des sciences et de l’industrie (CSI), qui doit ouvrir ses portes en mars 1986, a choisi de placer cette inauguration sous le signe de la comète de Halley. L’un des objectifs premiers de la Cité est en effet de sensibiliser un large public aux aspects les plus modernes de la Science, en les plaçant dans leur contexte historique et sociologique. Aucun événement ne pouvait frapper davantage l’imagination que le retour de la fameuse comète. Depuis plus de deux millénaires, chacun de ses passages a intrigué et fasciné une nouvelle génération. Au cours des temps, elle fut tour à tour le "combustible du soleil", le "glaive de Dieu", l’ambassadrice d’événements déterminants, l’oracle de révoltes ou de destinées brillantes.
Aujourd’hui, en 1985, elle incarne la mémoire de la naissance des étoiles et de l’histoire du système solaire, puisque le froid interplanétaire l’a conservée intacte depuis sa formation, il y a presque cins miliards d’années.
Peut-être serait-elle même la "porteuse de vie" qui aurait ensemencé la Terre, voilà quatre milliards d’années, grâce aux composés organiques qu’elle renferme.
Son passage constitue donc un événement suffisamment exceptionnel pour mobiliser plus de huit cents astronomes de cinquante pays. Une véritable flottile, ne comptant pas moins de cinq engins spatiaux, ira à se rencontre en mars 1986, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Parmi ces engins, c’est la sonde européenne Giotto qui s’approchera le plus près de la comète – elle passera à 500 km du noyau – dont on espère ainsi percer les mystères, afin d’entrevoir enfin la clé de la formation du système solaire.
Cette rencontre aura lieu le 13 mars 1986 à minuit. La Cité des sciences et de l’industrie a choisi cette date pour sa soirée inaugurale, au cours de laquelle sera présenté un spectacle de quatre heures, mis en scène à la CIS, "La nuit de la Comète", diffusé sur les principales chaînes de télévision. Il sera possible de suivre en direct non seulement la rencontre de la sonde Giotto avec la comète, mais aussi celles des autres engins spatiaux qui l’auront approchée.
Cette manifestation permettra de poser un regard neuf sur les technologies contemporaines, ainsi que sur les aspects culturels qui leurs sont liés – comme c’est le cas pour les techniques de communication. Le passage de la comète de Halley est à cet égard un événement de toute première importance.
M. Lévy. L’Univers du Vivant.
Lisez le texte.
Dès l’aube de l’humanité, le regard interrogateur de nos ancêtres a dû se poser sur ces astres chevelus qui illuminent parfois le ciel nocturne. La comète de Halley est l’un d‘eux, et vient nous visiter périodiquement depuis la nuit des temps, c’est-t-à dire depuis des centaines ou des milliers de millénaires.
On trouve des documents relatant son apparition dès le Xe siècle avant notre ère, grâce aux observations que firent les Chinois durant l’hiver 1058-1057 avant J.-C. Il semble qu’en l’an 467 avant J.-C. sa venue soit aussi mentionnée. Il faut cependant attendre la dynastie chinoise du IIIe siècle avant J.- C., pour que chacun de ses passages soit officiellement relaté. On a récemment retrouvé la trace de celui de l’an 164 avant J.-C., qui semblait avoir été oublié par les chroniqueurs de l’époque. Des chercheurs de l’Université de Vienne ont en effet pu déchiffrer les inscriptions des tablettes d’argile du British Museum mentionnant les observations d’astronomes babyloniens.
Plongée dans un obsurantisme mêlé de superstition, qui ne paraît s’estomper que vers le XVIIe siècle, notre civilisation a cru voir dans le passage des comètes les présages de la fin du monde ou de la mort de personnages illustres. De l’empereur Constantin ( 336 après J.-C.) à François II (roi de France en 1560), en passant par Attila (453), Chilpéric (584), Mahomet (632), Philippe Auguste (1223) et Charle-le-Téméraire (1476), une comète "porteuse de mort" aurait été chaque fois le signe prémonitoire de leur fin prochaine. Il faut dire que dans les récits historiques, les chroni queurs se faisaient un plaisir de décaler la date d’apparition de la comète jusqu’à ce qu’elle coïncide avec la mort dudit personnage…
Le mot "comète" est dérivé du grec Lômêtes, signifiant "astre chevelu". D’après Théophraste, disciple de Platon et d’Aristote, cette dénomination proviendrait également des Egyptiens.
Certains astronomes de l’Antiquité considéraient ces astres comme des "exhalaisons terrestres" s’enflammant dans la région du "feu" (Le Soleil). Pour d’autres, ils étaient les "âmes des grands hommes" qui, en rejoignant le ciel, faisaient de notre planète la proie des plus grandes calamités…
F.Cerceau. L’Univers du Vivant.
1. Ce texte, contient-il des informations d’ordre pratique?
2. Distinguez les diférentes parties. Les "articulations" sont-elles nettes?
3. Quelle est la partie la plus développée?
Rédiger une fiche de lecture
Le livre pour nous est l’objet dont l’apparence ne nous est pas indifférente.
I. Selectionnez deux livres que vous aimez pour leur contenu, mais dont vous appréciez également la présentation.
Décrivez la couverture de ces ouvrages: 1. Les images: dessins et photographies
2. Les effets graphiques.
3. Les mentions diverses: le texte (nom de l’auteur, titre, sous-titres) et sa disposition.
II. Observez aussi le "verso" d’une couverture de roman. 1. Qu’y trouvez-vous?
2. Quelle est son utilité (but recherché par l’éditeur)?
3. Comment est – il composé?
4. Qui parle: l’auteur, l’éditeur?
5. Est-ce un "résumé" de l’histoire, un extrait de l’oeuvre? Une analyse?
III. Le contact matériel avec le livre considéré comme un objet vous semble-t-il important, déterminant ou négligeable? Quel peut être son rôle?
IV. Le titre d’un livre donne toujours au lecteur une information précieuse sur son contenu. Dites pour ce qui concerne chacun des titres suivants, ce qu’il évoque pour vous. Exemple:
1. Notre – Dame de Paris de V. Hugo: le lieu de l’action; les mystères d’une grande cathédrale; le passé de Paris.
2. Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas.
4. Le Père Goriot d’Honoré de Balzac.
V. Souvent en observant la table des matières d’un livre on a une assez bonne idée de sa structure. Les titres des chapitres nous fournissent de précieuses indications sur le contenu, les thèmes, le rythme et la progression du récit.
1. A partir de "tables " de romans, exercez-vous à étudier:
• Le rôle de ces titres;
• Le procédé utilisé par l’auteur (énigme, paradoxe);
• Les thèmes qui reviennent le plus souvent (champs lexicaux);
• La progression de l’intrigue, son rythme.
Voici deux exemples à étudier:
1. Les Confidences d’Arsène Lupin de M. Leblanc
Table:
I . Les jeux du soleil.
II. L’anneau nuptial.
III. Le signe de l’ombre.
IV. Le piège infernal.
V. L’acharpe de soie rouge.
2. Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier
I. – Le Grand Jeu.
II. – Nous tombons dans une embuscade.
III. – Le Bohémien à l’école.
IV. – Où il est question du Domaine mystérieux.
V. – L’homme aux espadrilles.
VI. – Une Dispute dans la coulisse.
VII. – Le Bohémien enlève son bandeau.
Constituer un dossier
Un dossier doit présenter de manière ordonnée et raisonnée des documents divers se rapportant à un même sujet. Le principe de classement est présenté dans une introduction. Le plan est détaillé dans un sommaire. Une note de synthèse conclut le dossier.
Le dossier se fait au cours de quatre opérations essentielles:
Comprendre le sujet
Faire les recherches
Réunir la documentation
Organiser le dossier.
A. Comme pour une disseration, il importe de bien délimiter le champ de l’étude, en définissant tout d’abord les termes. Pour l’exemple proposé on peut ainsi relever dans un dictionnaire le sens précis de ….
Il faut se demander: "quels sont les faits essentiels qui doivent absolument être étudiées?" Par exemple pour …. Se demander ce que sont les traits majeurs de …
Après avoir pris sommairement conaissance des aspects généraux de la question, on prépare une première série de thèmes plus précis, qu’on allonge à mesure que les recherches avancent. Chacun de ces thèmes peut être étudié séparément sur une petite feuille cartonnée, destinée à la collecte des renseignements.
B. Pour commencer consulter des ouvrages généraux: encyclopédies et les dictionnaires, journaux et prériodiques.
Pour continuer lisez les ouvrages spécialisés. A mesure que la lecture des ouvrages avance, écrire au recto des petites feuilles préparées à l’avance les informations, leur origine et au verso les références des documents intéressants. Après quelques heures de travail, on a ainsi construit un petit fichier facilement utilisable pour choisir les documents et les commenter.
C. Sélectionner les documents qui illustre à merveille une idée importante. Il ne faut pas livrer "bruts" les documents. Il faut une présentation qui les rende utilisables.
D. Il est nécessaire de réfléchir au plan final qui doit présenter le dossier de manière logique, en fonction de ce que l’on veut illustrer, et aussi des ressources documentaires effectivement accessibles. C’est ce plan qui sert plus tard à lélaboration définitive des fiches.
1. Indiquer nettement le titre du dossier
2. Annoncer une introduction
Elle devra faire une page environ, pour analyser le sujet, dégager une problématique et expliquer la démarche adoptée.
3. Indiquer les titres des différents sous-dossiers
4. Sythèse générale résume les principales données de la question étudiée. Il s’agit avant tout de faire un bilan.
1. Constituez un dossier sur le thème suivant: présentation de votre région.
• Histoire: vestiges préhistoriques, témoignages divers du passé, les hommes célèbres, les monuments, les oeuvres et ouvrages d’art..
• Géographie physique: les limites, la géologie, le relief et l’hydrographie – les
• paysages, les sites remarquables, pittoresques…
• Géographie humaine: la vie des hommes, les villes, les ressources naturelles, l’agriculture, l’industrie, le commerce, autres activités, le tourisme…
• Conclusion: les traits spécifiques de votre région, ses agréments; esquisse d’un petit guide touristique mentionnant les "circuits " particulièrement intéressants (arrêts et visites conseillés)…
Avant de constituer le dossier, répondez aux deux questions suivantes:
• Quelle sorte de documents prévoyez-vous de recueillir pour ce dossier?
• Comment se présentera matériellement votre dossier (supports et classement).
2. Etablissez le sujet d’un roman que vous aimeriez écire (thème principal en quelques lignes), et, après une recherche en bibliothèque, donnez la liste des
3. ouvrages que vous devriez lire au préalable pour bien connaître votre "sujet".
4. Cherchez, parmi les oeuvres que vous connaissez, des titres d’ouvrages dans lesquels sont largement abordés les grands thèmes suivant:
L’école – L’aventure – L’amitié – La passion amoureuse – L’apprentissage de la vie – L’humour – L’histoire et les hommes – L’amour des bêtes – L’écologie.
Rédiger une analyse des figures du discours
Le monologue de Cléopâtre
Cléopâtre, reine de Syrie, a tué son mari parce qu’il voulait la répudier pour épouser Rodogune. Les deux fils de Cléopâtre, Séleucus et Antéiochus, s’éprennent de Rogogune. La reine de Syrie leur propose un marché: elle donnera le trône à celui des deux qui est prêt d’assassiner Séleucus et s’apprête à empoisonner Antiochus.
Enfin, grâces aux dieux, j’ai moins d’un ennemi.
La mort de Séleucus m’a vengée à demi;
Son ombre, en attendant Rodogune et son frère,
Peut déjà de ma part les promettre à son père:
Ils te suivront de près, et j’ai tout préparé
Pour réunir bientôt ce que j’ai séparé.
O toi, qui n’attends plus que la cérémonie
Pour jeter à mes pieds ma rivale punie,
Et par qui deux amants vont d’un seul coup du sort
Recevoir l’hyménée, et le trône, et la mort,
Poison, me sauras-tu rendre mon diadème?
Le fer m’a bien servie, en feras-tu de même?
Me seras-tu fidèle? Et toi, que me veux-tu,
Ridicule retour d’une sotte vertu,
Tendresse dangereuse autant comme importune?
Je ne veux point pour fils l’époux de Rodogune,
Et ne vois plus en lui les restes de mon sang,
S’il m’arrache du trône et la met en mon rang.
Reste du sang ingrat d’un époux infidèle,
Héritier d’une flamme envers moi criminelle,
Aime mon ennemie et péris comme lui.
Pour la faire tomber j’abattrai son appui:
Aussi bien sous mes pas c’est creuser un abîme
Que retenir ma main sur la moitié du crime;
Et, te faisant mon roi, c’est trop me négliger
Que te laisser sur moi père et frère à venger.
Qui se venge à demi court lui-même à sa peins:
Il faut ou condamner ou couronner sa haine.
Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux
De mon sang odieux arroser leurs tombeaux,
Dût le Parthe vengeur me trouver sans défense,
Dût le ciel égaler le supplice à l’offense,
Trône, à t’abandonner je ne puis consentir;
Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir;
Il faut mieux mériter le sort le plus étrange.
Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge!
J’en recevrai le coup d’un visage remis:
Il est doux de périr après ses ennemis;
Et, de quelque rigueur que le destin me traite,
Je perds moins à mourir qu’à vivre leur sujette.
P. Corneille. Rodogune.
Devoir: vous étudierez ce monologue sous la forme d’un commentaire composé en faisant notamment apparaître la manière dont s’expriment les passions de Cléopâtre.
Repérez toutes les personnifications, des apostrophes, des périphrases, des métaphores.
Dans le texte suivant, repérez les figures du discours et classez-les selon qu’elles expriment l’analogie, la substitution, l’opposition, l’omission, l‘amplification ou l’insistance.
Chant d’automne
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l’hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.
J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe,
L’échafaud qu’on batit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? – c’était hier l’été; voici l’automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ. …
Ch. Baudelaire. Les Fleurs du Mal.
Une vision extraordinaire
Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moment un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de montres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. A mesure qu’ils approchaient du sol, les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes, comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir. Au-dessus de la flamme, les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées, l’une toute noire l’autre rouge, semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel. Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’oeil. Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire, des gargouilles qu’on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflaient dans le feu, des tarasques qui éternuaient dans la fumée. Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve-souris devant une chandelle.
Sans doute ce phare étrange allait éveiller au loin le bûcheron des collines de Bicêtre, épouvanté de voir chanceler sur les bruyères l’ombre gigantesque des tours de Notre-Dame.
Victor Hugo. Notre-Dame de Paris.
1. Quelle impression veut créer Victor Hugo chez le lecteur de l’incendie?
2. Relevez tous les termes évoquant l’idée de grandeur et celle de quantité.
3. Relevez les exemples des personnifications servant à caractériser l’indcendie, les gargoulles, les tours de la cathédrale.
4. Relevez les comparaisons, et indiquez pour chacune d’entre elles le terme comparé, le terme comparant et le terme comparatif.
5. Comment appelle-t-on le genre de figure désigné par l’expression "pluie ardente".
6. Classez les personnifications que vous avez relevées, selon que l’analogie est signifiée par un nom, un verbe ou un adjectif.
Le malheur
La brûlure du soleil gagnait mes joues et j’ai senti des gouttes de sueur s’amasser dans mes sourcils. C’était le même soleil que le jour où j’avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j’ai fait un mouvement en avant. Je savais que c’était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d’un pas. Mais j’ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans se soulever, l’Arabe a tiré son couteau qu’il m’a présenté dans le soleil. La lumière a giclé sur l’acier et c’était comme une longue lame étincelante qui m’atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d’un coup sur les paupières et les a recouvertes d’un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indestinctement, le glaive éclatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et foullait mes yeux douloureux. C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
A. Camus. L’Etranger.
1. Relevez toutes les figures exprimant l’analogie qui décrivent le soleil et la lumière.
2. Relevez tous les termes qui appartiennent au champ lexical des armes.
3. En quoi les figures du discours qui décrivent les sensations éprouvées par le narrateur au moment du meurtre tendent-elles à rendre le personnage moins responsable de son acte?
4. Faites la liste de toutes les métaphores du texte.
Dans ce texte repérez les figures du discours. Analysez trois figures de votre choix (une figure exprimant l’analogie, une autre – l’insistance et une troisième l’omission).
Un terrible râle de chaudière m’a réveillé en sursaut!… Un bateau longeait la rive… Il forçait contre courant… Les "Salvations" de tout à l’heure ils étaient barrés… Les nègres sautaient sur l’estrade… Ils cabriolaient en jaquette… Ils rebondissaient sur la chaussée… Les pans mauves frétillaient derrière, dans la boue et l’acétylène. Les "Ministrels " c’était inscrit sur leur tambour… Ils arrêtaient pas… roulements… Dégagements… Pirouettes! … Une grande énorme sirène a déchiré tous les échos… Alors la foule s’est figée… On s’est rapprochés du bord, pour voir la manoeuvre d’abordage… Je me suis calé dans l’escalier, juste tout près des vagues…
La marmaille des petits canots s’émoustillait dans les remous à la recherche du filin… La chaloupe, la grosse avec au milieu sa bouillotte, l’énorme tout en cuivre, elle roulait comme une toupie… Elle apportait les papiers. Il résistait dur au courant le "cargo" des Indes… Il tenait toujours la rivière dans le milieu du noir… Il voulait pas rapprocher… Avec son oeil vert et son rouge… Enfin, il s’est buté quand même, le gros sournois, contre un énorme fagot qui retombait du quai… Et ça claquait comme un tas d’os… Il avait le nez dans le courant, il mugissait dans l’eau dure…Il ravinait dans sa bouée… C’était un monstre, à l’attache… Il a hurlé un petit coup… Il était battu, il est resté là tout seul dans les lourds remous luisants… On est retournés vers le manège, celui des orgues et des montagtnes… La fête était pas terminée… Je me sentais mieux du roupillon…. D’abord ça devenait une magie…. Ça faisait tout un autre monde… Un inoui!… comme une image pas sérieuse…
Traperait plus jamais… que j’étais devenu un souvenir, un méconnaissable, que j’avais plus rien à craindre, que personne me retrouverait jamais…J’ai payé pour les chevaux de bois, j’ai présenté ma petite monnaie. J’en ai fait trois tours complets avec des mômes qu’étaient bringues et des militaires… Elles étaient appétissantes, elles avaient des fioles de poupées, des mirettes comme des bonbons bleus… Je m’étais étourdi… J’ai voulu tournoyer encore… J’avais peur de montrer mon flouze… Je suis allé un peu dans le noir… J’ai déchiré ma doublure, je voulais sortir mon fafiot, la "Livres" entière. Et puis l’odeur d’une friture m’a dirigé vers l’endroit tout près d’une écluse… C’était les beignets… je sentais bien ça de loin, sur une carriole à petites roues.
L-F. Céline. Mort à crédit.
Distinguez les textes narratifs et descriptifs
Lisez le texte et donnez les indices qui permettent de dégager des séquences de types naratif et desciptif.
Deux fois par semaine, pendant le reste de mon séjour à Frapesle, je recommençai le long travail de cette oeuvre poétique à l’accomplissement de laquelle étaient nécessaires toutes les variétés des graminées desquelles je fis une étude approfondie, moins en botaniste qu’en poète, étudiant plus leur esprit que leur forme. Pour trouver une fleur là où elle venait, j’allais souvent à d’énormes distances, au bord des eaux, dans les vallons, au sommet des rochers, en pleines landes, butinant des pensées au sein des bois et des bruyères. Dans ces courses, je m’initiai moi-même à des plaisirs inconnus au savant qui vit dans la méditation, à l’agriculteur occupé de spécialités, à l’artisan cloué dans les villes, au commerçant attaché à son comptoir; mais connus de quelques forestiers, de quelques bûcherons, de quellques rêveurs. Il est dans la nature des effets dont les signifiances sont sans bornes, et qui s’élèvent à la hauteur des plus grandes conceptions morales. Soit une bruyère fleurie, couverte des diamants de la rosée qui la trempe, et dans laquelle se joue le soleil, immensité parée pour un seul regard qui s’y jette à propos. Soit un coin de forêt environné de roches ruineuses, coupé de sables, vêtu de mousses, garni de genévriers, qui vous saisit par je ne sais quoi de sauvage, de heurté, d’éffrayant, et d’où sort le cri de l’orfraie. Soit une lande chaude, sans végétation, piereuse, à pans raides, dont les horizons tiennent de ceux du désert, et où je rencontrais une fleur sublime et solitaire, une pulsatille au pavillon de soie violette étalé pour ses étamines d’or; image attendrissante de ma blanche idole, seule dans sa vallée! Soit de grandes mares d’eau sur lesquelles la nature jette aussitôt des taches vertes, espèce de transition entre la plante et l’animal, où la vie arrive en quelques jours, des plantes et des insectes flottant là, comme un monde dans l’éther!
Honoré de Balzac. Le Lys dans la vallée.
Lire le texte argumentatif
Montrez que dans ce texte Zola expose deux façons de percevoir une oeuvre d’art. Quelle est la thèse défendue par l’auteur? Quels sont les procédés linguistuques représentatifs du type argumentatif?
Pour le public, – et ne prends pas ici ce mot en mauvaise part, – pour le public, une oeuvre d’art, un tableau est une suave chose qui émeut le coeur d’une façon douce et terrible; c’est un massacre, lorsque les victimes pantelantes gémissent et se traînent sous les fusils qui les menacent; ou c’est encore une délicieuse jeune fille, toute de neige, qui rêve au clair de lune, appuyée sur un fût de colonne. Je veux dire que la foule voit dans une toile un sujet qui la saisit à la gorge ou au coeur, et qu’elle ne demande pas autre chose à l’artiste qu’une larme ou qu’un sourire.
Pour moi, – pour beaucoup de gens, je veux l’espérer, – une oeuvre d’art est, au contraire, une personnalité, une individualité.
Ce que je demande à l’artiste, ce n’est pas de me donner de tendres visions ou des cauchemars effroyables; c’est de se livrer lui-même, coeur et chair, c’est d’affirmer hautement un esprit puissant et particulier, une nature qui saisisse largement la nature en sa main et la plante tout debout devant nous, telle qu’il la voit. En un mot, j’ai le plus profond dédain pour les petites habiletés, pour les flatteries intéressées, pour ce que l’étude a pu apprendre et ce qu’un travail acharné a rendu familier, pour tous les coups de théâtre historiques de ce monsieur et pour toutes les rêveries parfumées de cet autre monsieur. Mais, j’ai la plus profonde admiration pour les oeuvres individuelles, pour celles qui sortent d’un jet d’une main vigoureuse et unique.
Il ne s’agit donc plus ici de plaire ou de ne pas plaire, il s’agit d’être soi, de montrer son coeur à nu, de formuler énergiquement une individualité.
Je ne suis pour aucune école, parce que je suis pour la vérité humaine, qui exclut toute coterie et tout système. Le mot "art" me déplaît, il contient en lui je ne sais quelles idées d’arrangements nécessaires, d’idéal absolu. Faire de l’art, n’est-ce pas faire quelque chose qui est en dehors de l’homme et de la nature? Je veux qu’on fasse de la vie, moi; je veux qu’on soit vivant, qu’on crée à nouveau, en dehors de tout, selon ses propres yeux et son propre tempérament. Ce que je cherche avant tout dans un tableau, c’est un homme et non pas un tableau.
Emile Zola. Mon Salon.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé en montrant, par exemple comment Balzac, à travers le portrait d’un personnage, propose une critique de la société de son temps.
Voici le plan détaillé complet du développement du commentaire:
1) De l’insouciance au drame: le récit.
1.1. L’expression de la durée.
1.2. La fatalité.
2) Pons.
2.1. Un personnage dérisoire et tragique.
2.2. Généralisation de l’auteur: le type du parasite.
3) La critique d’une société.
4.1. Le rôle de l’argent.
4.2. Les défauts moraux.
En vous aidant de ce plan, procédez à l’élaboration du plan détaillé de l’introduction et de la conclusion.
Lorsque, d’invité perpétuel, Pons arriva, par sa décadence homme artiste, à l’état de pique-assiette, il lui fut impossible de passer, de ces tables si bien servies, au brouet lacédémonien d’un restaurant à quarante sous. Hélas! il lui prit des frissons, en pensant que son indépendance tenait à de si grands sacrifices, et il se sentit capable des plus grandes lâchetés, pour continuer à bien vivre, à savourer toutes les primeurs à leur date, enfin, à "gobichonner" (mot populaire, mais expressif) de bons petits plats soignés.
Oiseau picoreur, s’enfuyant le gosier plein, et gazouillant un air pour tout remerciement, Pons éprouvait, d’ailleurs, un certain plaisir à bien vivre aux dépens de la société, qui lui demandait, quoi? de la monnaie de singe. Habitué, comme tous les célibataires, qui ont le chez soi en horreur et vivent chez les autres, à ces formules, à ces grimaces sociale, par lesquelles on remplace les sentiments dans le monde, il se servait des compliments comme de menue monnaie; et, à l’égard des personnes, il se contentait des étiquettes, sans plonger une main curieuse dans les sacs.
Cette phase assez supportable dura dix années; mais quelles années! Ce fut un automne pluvieux. Pendant tout ce temps, Pons se maintint gratuitement à table, en se rendant nécessaire dans toutes les maisons où il allait . Il entra dans une voie fatale, en s’acquittant d’une multitude de commissions, en remplaçant les portiers et les domestiques dans mainte et mainte occasion. Préposé à bien des achats, il devint l’espion honnête et innocent, détaché d’une famille dans une autre; mais on ne lui sut aucun gré de tant de courses et de tant de lâchetés. – Pons est un garçon, disaiton, il ne sait que faire de son temps, il est trop heureux de trotter pour nous… Que deviendrait-il?
Bientôt se déclara la froideur que le vieillard répand autour de lui. Cette bise se communique, elle produit son effet dans la température morale, surtout lorsque le vieillard est laid et pauvre. N’est-ce pas être trois fois vieillard? lCe fut l’hiver de la vie, l’hiver au nez rouge, aux joues hâves, avec toutes sortes d’onglées.
Honoré de Balza. Le Cousin Pons, Scènes de la vie parisienne.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez montrer, par exemple, comment tous les éléments du décor mettent en valeur la volonté de puissance du personnage. Voci un plan détaillé complet du commentaire composé. Le plan de l’introduction et celui de la conclusion sont erronés, à vous de les refair correctement.
Plan du développement:
1) Un décor privilégié.
1.1. Les éléments.
1.2. Une nature complice et purificatrice.
2) La domination stendhalienne.
2.1. L’altitude géographique.
2.2. L’exaltation psychologique.
3) La destinée de Napoléon.
3.1. Le défi.
3.2. La fascination pour un mythe.
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Plan de l’introduction:
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Stendhal, écrivain du XIX siècle. Une page réaliste. |
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Annonce du plan:
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Stendhal admirateur de Napoléon. L’élévation. |
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Plan de la conclusion:
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Une description très riche. Un hommage à Napoléon. |
Cette méditation sur ce qui avait pu faire peur à l’homme heureux et puissant contre lequel une heure auparavant il était bouillant de colère acheva de rasséréner l’âme de Julien. Il fut presque sensible un moment à la beauté ravissante des bois au milieu desquels il marchait. D’énormes quartiers de roches nues étaient tombés jadis au milieu de la forêt du côté de la montagne. De grands hêtres s’élevaient presque aussi haut que ces rochers dont l’ombre donnait une fraîcheur délicieuse à trois pas des endroits où la chaleur des rayons du soleil eût rendu impossible de s’arrêter.
Julien prenait haleine un instant à l’ombre de ces grandes roches, et puis se remettait à monter. Bientôt, par un étroit sentier à peine marqué et qui sert seulement aux gardiens des chèvres, il se trouva debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral. L’air pur de ces montagnes élevées communiqua la sérénité et même la joie à son âme. Le maire de Verrières était bien toutjours, à ses yeux, le représentant de tous les riches et de tous les insolents de la terre; mais Julien sentait que la haine qui venait de l’agier, malgré la violence de ses mouvements, n’avait rien de personnel. S’il eût cessé de voir M. de Rênal, en huit jours il l’eût oublié, lui, son château, ses chiens, ses enfants et toute sa famille. Je l’ai forcé, je ne sais comment, à faire le plus grand sacrifice. Quoi! plus de cinquante écus par an! un instant auparavant je m’étais tiré du plus grand danger. Voilà deux Victoires en un jour; la seconde est sans mérite, il faudrait en deviner le comment. Mais à demain les pénibles recherches.
Julien debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher, quand elles se taisaient tout était silence autour’ de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’oeil de Julien suivat machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.
C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne?
Stendhal Le Rouge et le Noir.
Vous ferez du texte suivant un commentaire composé. Vous pourrez montrer, par exemple, comment Lamartine fait de son récit une démonstration pathétique du courage des Girondins. Faites le plan détaillé complet du commentaire.
Au premier pas hors de la Conciergerie, les Girondins entonnèrent d’une seule voix et comme une marche funèbre de première strophe de La Marseillaise, en appuyant avec une énergie significative sur ces vers à double sens:
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé.
De ce moment ils cessèrent de s’occuper d’eux-mêmes pour ne penser qu’à l’exemple de mort républicaine qu’ils voulaient laisser au peuple. Leurs voix ne retombaient un instant à la fin de chaque strophe que pour se relever plus énergiques et plus retentissantes au premier vers de la strophe suivante. Leur marche et leur agonie ne furent qu’un chant. Ils étaient quatre sur chaque charrette. Une seule en portait cinq. Le cadavre de Valazé était couché sur la dernière banquette. Sa tête, découverte, cahotée par les secousses du pavé, ballotait sous les regards et sur les genoux de ses amis, obligés de fermer les yeux pour ne pas voir ce livide visage. Ceux-là chantaient cependant comme les autres. Arrivés au pied de l’échafaud, ils s’embrassèrent tous en signe de communion dans le liberté, dans la vie et dans la mort. Puis ils reprirent le chant funèbre pour s’animer mutuellement au supplice et pour envoyer jusqu’au moment suprême à celui qu’on exécutait la voix de ses compagnons de mort. Tous moururent sans faiblesse. Sillery avec ironie; arrivé sur la plate-forme, il en fit le tour en saluant à droite et à gauche le peuple, comme pour le remercier de la gloire et de l’échafaut. Le chant baissait d’une voix à chaque coup de hache. Les rangs s’éclaircissaient au pied de la guillotine. Une seule voix continua La Marseillaise: c’était celle de Vergniaud, supplicié le dernier. Ces notes suprêmes furent ses dernières paroles. Comme ses compagnons, il ne mourait pas; il s’évanouissait dans l’enthousiasme, et sa vie, commencée par des discours immortels, finissait par un hymne à l’éternité de la Révolution.
Un même tombereau emporta les corps décapités, une même fosse les recouvrit, à côté de celle de Louis XVI.
Alphonse de Lamartine. Histoire des Girondins.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé en montrant, par exemple, comment l’imaginaire de l’écrivain Sartre transforme le récit de la cérémonie des livres, vécue par l’enfant qu’il était alors. Elaborez un plan détaillé, complet (développement, introduction, conclusion).
J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute: au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout; défense était faite de les épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les reverrais, ces pierres levées: droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait. Elles se ressemblaient toutes, je m’étais dans un minuscule sanctuaire, entouré de monuments trapus, antiques qui m’avaient vu naître, qui me verraient mourir et dont la permanence me garantissait un avenir aussi calme que le passé. Je les touchais en cachette pour honorer mes mains de leur pousière mais je ne savais trop qu’en faire et j’assistais chaque jour à des cérémonies dont le sens m’échappait: mon grand-père – si maladroit, d’habitude, que ma mère lui boutonnait ses gants – maniait ces objets culturels avec une dextérité d’officiant. Je l’ai vu millefois se lever d’un air absent, faire le tour de sa table, traverser la pièce en deux enjambées, prendre un volume sans hésite, sans se donner le temps de choisir, le feuilleter en regagnant son fauteuil, par un mouvement combiné du pouce et de l’index puis, à peine assis, l’ouvrir d’un coup sec comme un soulier. Quelquefois je m’approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient comme des huîtres et je découvrais la nudité de leurs organes intérieures, des feuilles blêmes et moisies, légèrement boursouflées, couvertes de veinules noires, qui buvaient l’encre et sentaient le champignon.
Jean-Paul Sartre. Les Mots.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez, par exemple, montrer comment Chateaubriand, au seuil de la vieillesse, nous propose une méditation poétique sur son existence passée. Procédez à l’élaboration du plan détaillé complet du commentaire.
Quel prestige pour tout homme qui n’eût pas compté son monceau d’années, et qui eût demandé des illusions au monde et à l’orage! J’ai bien de la peine à me souvenir de mon automne, quand, dans mes soirées, je vois passer devant moi ces femmes du printemps qui s’enfoncent parmi les fleurs, les concerts et les lustres de mes galeries successives: on dirait des cygnes qui nagent vers des climats radieux. A quel désennui vont-elles? Les unes cherchent ce qu’elles ont déjà aimé, les autres ce qu’elles n’aiment pas encore. Au bout de la route, elles tomberont dans ces sépulcres toujours ouverts, ici, dans ces anciens sarcophages qui servent de bassins à des fontaines suspendues à des portiques; elles iront augmenter tant de poussières légères et charmantes. Ces flots de beautés, de diamants, de fleurs et de plumes roulent au son de la musique de Rossini qui se répète et s’affaiblit d’orchestre en orchestre. Cette mélodie est-elle le soupir de la brise que j’entendais dans les savanes des Florides, le gémissement que j’ai ouî dans le temple d’Erechthée à Athènes? Est-ce la plainte lointaine des aquilons qui me berçaient sur l’Océan? Ma sylphide serait-elle cachée sous la forme de qulques-unes de ces brillantes Italiennes? Non: ma dryade est restée unie au saule des prairies où je causais avec elle de l’autre côté de la futaie de Combourg. Je suis bien étranger à ces ébats de la société attachée à mes pas vers la fin de ma course; et pourtant il y a dans cette féerie une sorte d’envirement qui me monte à la tête: je ne m’en débarrasse qu’en allant rafraichir mon front à la place solitaire de Saint-Pierre ou au Colisée désert. Alors les petits spectacles de la terre s’abîment, et je ne trouve d’égal au brusque changement de la scène que les anciennes tristesses de mes premiers jours.
F. R. De Chateaubriand. Mémoires d’Outre-tombe.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé en étudiant, par exemple, l’empoi du pathétique dans ce récit de l’ultime séparation des deux amants. Faites le plan détaillé complet du commentaire.
Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit. Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n’osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil. Je m’aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu’elle les avait froides et tremblantes. Je les approchai de mon sein, pour les échauffer. Elle sentit ce mouvement, et faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d’une voix faible, qu’elle se croyait à sa dernière heure. Je ne pris d’abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l’infortune, et je n’y répondis que par des tendres consolations de l’amour. Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes, me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. N’exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis; je reçus d’elle des marques d’amour, au moment même qu’elle expirait. C’est tout ce que j’ai la force de vous apprendre de ce fatal et déplorable événement.
Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j’aie traîné depuis une vie languissante et misérable. Je renonce volontairment à la mener jamais plus heureuse.
Je demeurai plus de vingt-quatre heures, la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d’y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l’enterrer et d’attendre la mort sur sa fosse. J’étais déjà si proche de ma fin, par l’aiffaiblissmeent que le jeûne et la douleur m’avaient causé, que j’eus besoin de quantité d’efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j’avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu’il en fallait pour le triste office que j’allais exécuter. Il ne m’était pas difficile d’ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C’était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m’en servir à creuser, mais j’en tirai moins de secours que de mes mains. J’ouvris une large fosse. J’y plaçai l’idole de mon coeur, après avoir pris soin de l’envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu’après l’avoir embrassé mille fois, avec toute l’ardeur du plus parfait amour. Je m’assis encore près d’elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s’affaiblir, et craignant d’en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j’ensevelis pour toujours, dans le sein de la terrre, ce qu’elle avait porté de plus abstrait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et, fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j’invoquai le secours du Ciel et j’attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c’est que, pendant tout l’exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. La consternation profonde où j’étais, et le dessein déterminé de mourir, avaient coupé le cours à toutes les expressions du désespoir et de la douleur. Aussi ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j’étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait.
Abbé Prévost. La Véritable Histoire duchevallier Des Grieux et de Manon Lescaut.
Bâtir une introduction et une conclusion
La rencontre
Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu, un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.
Au-delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d’ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait du loin dans l’atmosphère tiède; et tout semblait engourdi par le désoeuvrement du dimanche et la tristesse des jours d’été.
Deux hommes parurent.
L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent à la même minute, sur le même banc.
Pour s’essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi; et le petit homme aperçut écrit dans le chapeau de son voisin: Bouvard; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot: Pécuchet.
– "Tiens!" dit-il "nous avons eu la même idée, celle d’inscrire notre nom dans nos couvre-chefs."
– "Mon Dieu, oui! on pourrait prendre le mien à mon bureau!"
– "C’est comme moi, je suis employé."
Alors ils se considérèrent.
Gustave Flaubert. Bouvard et Pécuchet.
Faites les devoirs:
1. Dans cette scène de rencontre, pourquoi l’auteur a-t-il donné autant d’importance à l’évocation des lieux?
2. Que suggère la description du décor?
3. Relevez des éléments de ce décor qui indiquent des lieux dénués de tout prestige.
4. Analysez la progression du texte.
5. Caractérisez le rythme des trois premiers paragraphes.
6. Analysez la description physique des deux personnages. Qu’indiquent leurs tenues?
7. Quels sont procédés par lesquels Flaubert insiste sur la symétrie des deux personnages.
8. Que suggèrent les noms Bouvard et Pécuchet?
9. Quelle impression se dégage du dialogue entre les deux personnages?
10. L’apparence vestimentaire et les propos de Bouvard et de Pécuchet, quels traits psychologiques permettent – ils de dégager?
11. Montrez ce qui fait l’originalité de la rencontre. Dans quelle mesure peut-on la qualifier de parodique?
12. Elaborez le plan détaillé du commentaire composé.
13. Elaborez le plan de l’introduction.
14. Elaborez le plan de la conclusion.
Identifier les dominantes tonales
Relevez des marques précises du choix de la dominante par l’écrivain (pathétique, tragique, lyrique, épiques, fantastique, comique-humour, parodie, ironie).
Un madrier énorme avançait en effet comme un monstre géométrique, porté par cinquante hommes parallèles, penchés en avant comme des haleurs, avec ou sans col, mais tous un fusil sur le dos. Il traversa les décombres de la chaussée, les plâtras et les morceaux de grille, frappa la porte comme un gong énorme, et recula. Bien qu’elle fût pleine de cris, de détonations et de fumée, la caserne vibrait derrière sa haute porte de toute sa sonorité de couvent. Trois de ceux qui portaient le madrier tombèrent sous le tir des fascistes. Jaime remplaça l’un d’eux. Au moment où tout le bélier repartait, un grand syndicaliste aux sourcils épais prit sa tête à deux mains comme pour se boucher les oreilles, et s’affala sur le madrier en marche, bras pendant d’un côté, jambes de l’autre. La plupart des porteurs ne l’avaient pas vu; et le bélier continua sa course lente et lourde, l’homme toujours plié en deux sur le b ois. Pour Jaime, qui avait vingt-six ans, le Front populaire, c’était cette fraternité dans la vie et dans la mort.
André Malraux. L’Espoir.
Sur la longue avenue de vieux chênes qui commençait à la forêt et aboutissait à l’entrée principale du palais Metzengerstein, un coursier, portant un cavalier décoiffé et en désordre, se faisait voir bondissant avec une impétuosité qui défiait le Démon de la Tempête lui-même.
Le cavalier n’était évidemment pas le maître de cette course effrénée.
L’angoisse de sa physionomie, les efforts convulsifs de tout son être, rendaient témoignage d’une lutte surhumaine; mais aucun son, excepté un cri unique, ne s’échappa de ses lèvres lacérées, qu’il mordait d’outr en outre dans l’intensité de sa terreur. En un instant, le choc des sabots retentit avec un bruit aigu et perçant, plus haut que le mugissement des flammes et le glapissement du vent, – un instant encore, et, franchissant d’un seul bond la grande porte et le fossé, le coursier s’élança sur les escaliers branlants du palais et disparut avec son cavalier dans le tourbillon de ce feu chaotique.
Edgar Poe. Metzengerstein, Histoires extraordinaires.
Voici le texte et le plan détaillé du développement:
La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
A la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard. La terre est bleue.
Plan détaillé
1) Le poème comme image.
1.1. La comparaison première
1.2. Les associations de mots.
2) Le pouvoir des mots.
2.1. Les mots créent une autre réalité.
2.3. Les mots ne mentent pas: ils sont l’expression du sens.
3) L’action du poème.
3.1. Les mots célèbrent l’amour.
3.2. L’amour est la fin de l’acte poétique.
Faites de ce texte un commentaire composé en montrant comment, grâce à un jeu de langage, le poète nous propose une autre perception du monde.